Le blog du Barabel

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18 juin 2010

Une danse

Ce billet aurait du être publié vendredi 18 juin vers 4:00PM heure de Dallas, Texas, mais en raison de perturbations techniques non prévues par l’éditeur, il n’apparait qu’aujourd’hui. Ca tombe bien, on arrive à la fête de la musique!

Entre 4h et 5h, le matin, il y a toujours quelque chose à faire lorsqu’on a 7 heures de décalage horaire avec la métropole.

Aujourd’hui, je rédige un billet que je voulais commencer il y a plusieurs semaines déjà, sur quelques morceaux choisis de Dmitri Chostakovitch.

La suite pour orchestre de variété n°1 [1] enchaine une série de danses (valses, polkas, tangos, fox-trott...) dont le style ne fait pas penser de prime abord à une place rouge enneigée. Bien au contraire, on imagine plutôt l’ambiance des années 20 à New York, ou en croisière le long du Mississippi!

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04 juin 2010

Today's the day

Et j’ai le plaisir de vous présenter la chanson du jour - je ne vous ferai pas l’insulte de donner la référence.

What will this day be like? I wonder.
What will my future be? I wonder.

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18 fév. 2010

In Paradisum deducant te Angeli

Mes lecteurs cultivés, chrétiens ou mélomanes - ou les trois combinés, j’en connais... auront reconnu les vers finaux d’un Requiem.

Pour les autres, quelques mots d’explication.

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09 fév. 2010

MP3, téléchargement illégal, et autres

Des fois, j’ai envie de rigoler un bon coup devant l’état des lieux en la matière.

Mon caractère rétro (oui, je joue encore aux Final Fantasy I à VII ...) ainsi que la raison simple des paroles qui s’envolent alors que les écrits restent ont fait que, depuis mon indépendance financière, je n’ai jamais cessé d’acheter les disques qui me plaisent.

C’est particulièrement le cas des œuvres des artistes qui sortent de l’ordinaire, ou des disques qui ne sont pas juste faits d’une concaténation de pistes diverses. Lorsqu’une unité se dégage d’un disque, je trouve qu’acheter les "singles" est aussi absurde que d’acheter un chapitre isolé d’un livre.

Certaines autres fois, les MP3 sont plus intéressants que les disques audio. Par exemple, lorsque le support est difficile à obtenir - malheureusement trop souvent le cas - la seule manière d’obtenir la musique est de la télécharger.

Depuis quelques jours, et grâce à la proposition machiavélique de mon chef, la musique de Dr. Horrible’s Sing-Along Blog me trotte dans la tête; et là, c’est le drame.

  • Si je veux regarder la série en ligne, il faut que j’habite aux Etats-Unis (les 48 Etats contigus, Alaska, Hawaï, ou the District of Columbia). Ou que je passe par un proxy aux Etats-Unis.
  • Si je veux obtenir "régulièrement" le CD, il faut que je le commande aux Etats-Unis (Amazon.com). Cela me coûterait 13€20, dont 8€30 pour le disque et 4€90 pour la livraison.
  • Si je veux télécharger les pistes (Amazon.fr), le disque entier me coûterait 8€99. Bien entendu, aucun support physique n’est livré, je dépense donc 8€99 pour un produit que je ne peux écouter que sur des plateformes "modernes". Non pas que ce soit gênant en pratique, mais ça fait quand même réfléchir.
  • Si je veux télécharger les pistes (Amazon.com), le disque entier me coûterait 7$99. Soit, aujourd’hui, légèrement moins que 5€83

Je ne parle même pas de la fnac (et pour cause...) ou d’autres distributeurs. Le constat est là : sur un achat qui rapporterait certainement bien moins que 5 euros au réalisateur - qui, pour cette œuvre assez magique, a investi 200 000 $ de sa propre poche, la solution la moins chère pour moi consiste à éviter de passer par la France (ah, bien sur, vous aurez constaté qu’en rajoutant 20% de TVA à un hypothétique 5.83€, on arrive tout juste à 7€); la solution qui me convient le plus consiste à payer les 5 euros en question en frais de port pour obtenir finalement une galette que je suis capable de graver moi même, si je regarde à la dépense, pour le prix d’un CD vierge (35 centimes hors taxe sont alors versés aux auteurs Français via la SACEM. A moins bien sur d’acheter mes CDs sur Internet, une fois de plus).

Bref, si vous avez suivi le calcul (assez élémentaire cette fois ci), vous en déduirez, comme la commission Olivennes, qu’il y a un soucis au niveau de la vente légale dans ce pays. (Sans aller beaucoup plus loin, on peut lire juste les premiers titres : 1.1.1 LA FRANCE CONNAIT UNE SITUATION SPECIFIQUE; 1.2 PLUSIEURS OUTILS, TANT JURIDIQUES QUE TECHNIQUES, PEUVENT DEJA ETRE MIS EN OEUVRE POUR DESINCITER AU PIRATAGE NUMERIQUE; 3.1 LE CHOIX DE REPONSES PRAGMATIQUES ET PROPORTIONNEES). Si je ne suis pas d’accord avec les propositions des majors de l’industrie de la musique, je les incite cependant, comme ils pourraient le faire de manière pragmatique, à prendre sérieusement les "clients" en leur proposant des offres intéressantes plutôt qu’une répression totalement irréalisable.

28 août 2009

Je pars en avion

Il est des chansons qui ont toujours existé - Ah, vous dirais-je maman[1], par exemple - et dont on cherche peu, voire pas du tout, à connaître l’origine. Leaving, on a Jet Plane en est un bon exemple. Vous savez, c’est la chanson que A.J. Frost (Ben Affleck) chante à sa belle avant de rentrer dans la navette dans Armageddon. Tout le monde la connait, mais seuls les "vieux" en connaissent l’origine.

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10 août 2009

Par Jupiter! et par Bacchus!

Bacchus, dieu du vin et des orgies, Vénus, déesse de l’amour, et Jupiter, père des dieux et dieu du ciel, sont finalement les dieux de l’été (qui a dit "Sea, Sex and Sun?").

Ces trois compères partirent en voyage et se retrouvèrent au Liban, à Baalbeck - dans la Bekaa.

Les romains, épatés, construisirent en leur honneur des temples magnifiques - les plus grands temples de l’empire, qui était pourtant grand à l’époque (entre les premiers et 3èmes siècles). Et comme personne ne s’est amusé à re-déplacer des cailloux de milliers de tonnes après eux, il en reste aujourd’hui de belles ruines, toujours présentes pour nous rappeler que, finalement, on n’a rien inventé de neuf depuis les romains. A part peut-être la création de wikipedia, le reste de l’humanité n’a fait que régresser...

Mais à part ces considérations plutôt pessimistes, deux points de ma visite sur place ont muri, pour donner ces réflexions finalement assez décevantes, par rapport à des similarités plus frappantes évoquées précédemment.

De Bacchus à Marie-Madeleine

Les guides de Baalbeck se plaisent à raconter aux petits français qui passent dans le coin que le temple de Bacchus a servi de modèle à l’église de la Madeleine, jusque dans ces proportions.

Cette théorie est, il faut l’avouer,intrigante, et assez réaliste, quand on connait les deux bâtiments. Bien entendu, les colonnes de la Madeleinesont toutes moches, et on n’y trouve pas de représentation de Cléopâtre. Mais c’est un détail qu’on accorde sans difficulté.

Au niveau historique tout d’abord, le temple de Bacchus fait l’objet d’un premier ouvrage (s’entend : dans la littérature occidentale) en 1757, par l’anglais Robert Woods. La Madeleine a été construite en 1806 - ça concorde.

Deuxièmement, on repère 8 colonnes sur la façade, et environ deux fois plus sur les côtés. Check. Mais après tout, le Parthénon aussi...

Sur les détails, il y a plus de colonnes (54) autour de la Madeleine que pour le temple de Bacchus (36). De plus, les proportions ne sont pas du tout les mêmes : 39mx69mx19m (large, long, haut) pour Baalbeck, et 43mx108mx19.5m pour la Madeleine... Bref, la ressemblance est frappante, mais l’un n’a pas servi de modèle à l’autre.

Ah, oui, et le nombre d’or $\varphi = \frac{1+\sqrt{5}}{2} $ [1] n’apparait pas non plus dans les dimensions de ces bâtiments. Un mythe urbain de moins...

Que risquent les colonnes de Jupiter?

Baalbeck reçoit maintenant depuis dix ans un festival international de musique assez réputé, avec des musiciens de renom et de talent pour prolonger la tradition des bacchanales plusieurs fois millénaires. Cet été, Deep Purple était au rendez vous pour un concert - parait-il - déjanté. J’étais ce soir là à un autre concert et ne peux donc juger en connaissance, mais la réflexion m’est venue que faire des concerts de cette ampleur n’était peut être pas ce qu’il y avait de mieux pour les 6 dernières colonnes intactes du temple de Jupiter. Aussitôt, un plan machiavélique s’est formé dans mon esprit, pour produire un rapport montrant qu’un volume de basses supérieur à xx décibels, en plus de rendre sourds l’auditoire (finalement, c’est le problème de la responsabilité individuelle), pouvait faire s’effondrer ce prestigieux édifice.

Je brise le suspense dès à présent. Le concert s’est très bien passé, et personne n’y est mort enseveli sous des décombres de granite et de calcaire.

J’ai quand même effectué le calcul, afin de vérifier ma théorie. Quelqu’un qui a fait un minimum de physique dans sa vie - ou des maths très avancées, mais en général il a d’abord fait un peu de physique élémentaire - sait qu’un système oscillant possède une (ou des) fréquence(s) propre(s). L’exemple le plus connu est celui du pendule - simple ou non - qui oscille librement à la même fréquence, quel que soit l’angle de départ. L’équation qui régit un tel système est alors de la forme $\frac{d^2 \theta}{dt^2} + \omega_0^2 \theta = 0 $ dans le cas d’un oscillateur parfait, ou alors $\frac{d^2 \theta}{dt^2} + \omega_0^2 f(\theta) = 0 $ avec $ f(x) \sim x $ au voisinage de zéro. $\omega_0$ est la fréquence propre du système.

Si on force ce système à osciller (par exemple, on fait osciller le pendule à la main) celui-ci réagira différemment en fonction de la fréquence d’oscillation. En particulier, il se passe autour de la fréquence $\omega_0$ le phénomène de résonance, c’est à dire que les oscillations auront une amplitude plus grande que celles qui seront imposées par le système (pensez à une balançoire où vous donnez une certaine impulsion (régulière) et où les mouvements se font plus amples que ce que vous aviez anticipé).

Passons maintenant au calcul du mouvement en bonne et due forme. On considère un système <<une colonne>>. Cette colonne est composée de 3 blocs de granitecalcaire [merci à Sam], liés entre eux par une barre de fer de quarante centimètres de long sur dix centimètres de diamètre; cependant, en première approximation - qui sera suffisante au vu des résultats - il suffit de modéliser une colonne par un bloc monolithique de granite, sous forme d’un cylindre de révolution de 1,1m de rayon par 22m de hauteur. Le socle de la colonne est inamovible, parfaitement horizontal, et indéformable.

Deux forces s’appliquent à la colonne : le poids $\overrightarrow{P}$ qui s’applique au centre de gravité $G$ de la colonne, et la réaction du support $\overrightarrow{R}$Si la colonne est stabilisée celle-ci s’applique au centre de la surface de contact; sinon elle s’applique au point de contact unique de la base et du socle. Appliquons le principe fondamental de la dynamique, sous forme de moments, au point de contact (appelé ici $I_D$).

$\displaystyle M_{\overrightarrow{P}}^{I_D}+M_{\overrightarrow{R}}^{I_D} = \frac{d \overrightarrow{L_{I_D}}}{dt}$

Ce qui se réécrit, en projetant sur l’axe (y) et en remplaçant les quantités par ce qui va bien:

$\displaystyle J_{I_D} \frac{d^2 \theta}{d t^2} + GI_D mg \sin \theta = 0 $.

Pour les petits $\theta$ vous aurez tous reconnu une équation d’oscillations, dont la pulsation propre est $ \displaystyle \sqrt{\frac{GI_D mg}{J_{I_D}}} $.

En notant $r$ le rayon et $h$ la hauteur des cylindres, ça donne $GI_D = \sqrt{\frac{h^2}{4} + r^2}$ et $\displaystyle J_{I_{D}} = \frac{m}{4} (h^2 + 6 r^2)$ (par application du théorème de Huygens et de la formule du moment d’inertie d’un cylindre plein).

En appliquant ceci à une colonne de Jupiter (granite de masse volumique environ égale à  $2600 kg \cdot m^{-3} $), on obtient $\omega_0 \approx 0.94 s^{-1} $ soit un SI naturel baissé de 8 octaves. Vu les approximations effectuées, on peut oublier le SI et dire que la gamme baissée de 8 octaves est à bannir du site. Pour info, ça fait des notes très, très basses, et on peut supposer que on n’y est pas encore pour ne pas avoir besoin de rentrer dans les détails de comment le site se détruit.

En allant (juste un peu plus loin) on constate que finalement, $\omega_0$ peut se réécrire sans faire intervenir la masse de la colonne, par homogénéité; et même, en écrivant $ h = \lambda r $, on obtient $ \displaystyle \omega_0 = \sqrt{g\frac{f(\lambda)}{r}}$ avec $\displaystyle f(t ) = \frac{4 \sqrt{ 1+\frac{t ^2}{4}} }{6 + t ^2 }$, qui se comporte comme $\frac{2}{t}$. Autrement dit, la fréquence propre d’une colonne se comporte comme (au premier ordre, pour les vraies colonnes, c’est à dire celles qui sont plus hautes que larges) $\sqrt{\frac{2g}{h}}$, et ce, indépendamment de leur masse et de leur rayon! En application numérique, on constate que les colonnes de 0.1mm de hauteur sont particulièrement sensibles à la fréquence de tonalité du téléphone...

Notes

[1] Vous aurez remarqué que maintenant, je peux insérer du \LaTeX dans mon blog! Par contre ça m’empêche d’utiliser d’autres commandes comme de faire des liens facilement vers des notes :-(

17 juil. 2009

Parlons un peu de sexe

Pour changer un peu...

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24 juin 2009

Coûtumes tribales

A l’image de la pleine lune, le jour le plus long de l’année voit systématiquement apparaître de curieux comportements. Pas de loup-garous hurlant au crépuscule; par contre, comme pris d’une frénésie incontrôlable, les humains sortent et célèbrent, depuis des siècles, les éléments de la nature.

Dans l’hémisphère nord, ce jour tombe au mois de juin, le 21 en étant une bonne approximation - passons sur les années bissextiles. Certains pays en font la fête des pères, translatée au dimanche le plus proche, modulo les <<hasards>> du calendrier. Une manière d’exprimer la puissance masculine, la virilité, de la même manière qu’on attend les récoltes d’été? Ou simple pendant "naturel" à la fête des mères, qui annonce le printemps?

Les célébrations les plus connues sont celles des fêtes "traditionnelles" de la Saint-Jean, où les villageois dansaient autour de grands feus de joie. Le Saint-Jean en question est ici Jean le Baptiste, pas l’évangéliste. Avant lui, on faisait la fête en l’honneur du dieu Tammouz, dieu de la fertilité chez les babyloniens, ou du dieu du continent local.

Aujourd’hui, ni dieu ni maître, on célèbre alors une valeur sure, neutre, et presque aussi ancienne que ces célébrations : la Musique. Euterpe - et son côté obscur - précède donc les passants dans les rues, à travers mille célébrations dont la qualité brille par sa diversité. Et l’on retrouve, à la lumière du soleil couchant, puis des néons des bars, les même danses que mille ans plus tôt, que mille ans plus tôt, que mille ans plus tôt.

De quoi s’agit-il finalement? Bien peu de choses. La Terre est dotée d’un mouvement de révolution autour de son étoile, le Soleil - passons aussi sur le fait qu’il s’agisse d’une ellipse dont le soleil est un foyer - et en même temps d’un mouvement de rotation sur elle-même. La période de révolution est de un an, et la période de rotation de 1 jour. Or, les axes de ces deux rotations ne sont pas parallèles. L’écliptique (la trajectoire apparente du Soleil vue de la surface de la Terre) se déplace donc au cours de l’année, traversant diverses constellations (les signes du zodiaque). Le solstice est donc le jour où l’écliptique atteint son "sommet", c’est à dire l’angle le plus important par rapport à l’horizon.

Mais tout le monde sait qu’en France, tout fini par des chansons!