Je n’ai pas encore vu le dernier Gladiator-like sorti au cinéma; si un jour je trouve deux heures libre, j’y irai peut-être. D’ici là, voici mon analyse sur ce qu’on peut attendre de ce film. Je me base pour ça sur quatre longs-métrages sur le thème, une filmographie qui ne se veut certainement pas exhaustive, mais suffisamment représentative.
- The Adventures of Robin Hood (1938). En Technicolor, une référence de film de cape et d’épée. Romanesque et aventureux, un héros anglais se rebelle contre un dictateur qui fait subir aux saxons un régime de terreur sans précédent. Une version légère et enjouée du mythe.
- Disney’s Robin Hood (1973). Un des fameux films de la saga "Moyen-Age" de Disney; ce film n’est pas célèbre pour ses musiques, mais surtout pour la scène de l’attaque du château du prince Jean par Robin des Bois. On découvre à l’occasion que les ballons à l’hélium étaient monnaie courante à cette époque.
- Kevin Reynolds’s Robin Hood, Prince of Thieves (1991). Avec Kevin Costner dans le rôle principal. Attention, le réalisateur rajoute de la perspective à ce film, en faisant démarrer l’aventure dans une geôle de Jérusalem au XIIIème siècle. Et, il y a même un acteur noir, qui ne meurt pas à la fin. En dehors de ça, ce film est une parodie involontaire, comme on savait si bien les faire dans les années 90 (souvenez vous, c’est la décennie de Independance Day). S’il n’y a pas de "stars and stripes" dans ce film, c’est bien parce qu’il se déroule avant Christophe Colomb.
- Mel Brooks’ Robin Hood, Men in Tights (1993). Eh oui, Mel Brooks arrive à parodier la parodie! Aussi incroyable que ça puisse paraître, le résultat est quand même hilarant. Les misérables traducteurs français ont réussi à traduire ce titre par "Sacré Robin des Bois!"... allez savoir!
- Enfin, juste pour la référence, il ne s’agit pas d’un Robin des Bois-like, mais Shrek (2001, premier du nom) se retrouve dans la forêt à se battre contre une bande de joyeux bandits avec un gros accent français, qui leur demande la bourse ou la vie. La petite choré est-elle un clin d’oeil aux Men-In-Tights ? C’est mon avis, et j’aime la notion de parodie itérée 3 fois!
Les scènes à voir nécessairement:
- La flèche séparée en deux (1,2,3,4). Indispensable. Sans cette scène, ce film n’est pas un Robin des Bois.
- Le combat au dessus de la rivière où Robin des Bois ou Petit Jean se retrouve à l’eau (1,3,4). (2) est plus soft, et Petit Jean bouscule simplement Robin pour le jeter à l’eau.
- Le Sherrif de Nottingham est un pleutre (1,2,3), Rottingham pour (4); Guy de Guisbourne (1,3) est vraiment très méchant!
- Le tournoi d’archers - qui bien sur est un piège des infâmes méchants (1,2,4). Robin gagne immanquablement le tournoi. (1,2) sont deux versions quasi identiques sur ce point!
- L’exécution par les méchants de personnes innocentes ou gentilles. Par pendaison jusqu’à ce que mort s’ensuive, sauf que les gentils arrivent à temps! (1,2,3,4).
- L’histoire tellement romantique entre Maid Marian et Robin. La gente dame, qui cache habilement son jeu auprès des méchants, fait immanquablement un tour dans la forêt de Sherwood (1,2,3,4), avant de retourner manigancer dans son château.
- Le duel final entre Robin et le méchant (1,3,4). Ah, le Moyen-Age, ses combats à l’épée - sans bouclier, sans heaume, sans armure - ses escaliers en colimaçon, et ses chandeliers en fer accrochés par une corde, c’est l’invention même de l’ascenseur qui est là!
- Bien entendu, le mariage entre Robin et Marian (1,2,3,4) interrompu par le retour du roi Richard (1,3,4). Le retour du roi annonce d’ailleurs la fin du film...
Si j’ai bien suivi, on peut s’attendre dans le dernier opus Scott à ce que un certain nombre de points diffèrent de la version "officielle". En particulier, Richard Cœur de Lion mourrait au début du film au lieu de revenir triomphalement remettre tel Ulysse de l’ordre dans son royaume. Je ne suis pas - complètement - psychorigide, je peux tolérer ce genre de modification de l’histoire originale. En revanche, vous l’aurez compris, je m’attends à un navet relativement divertissant, sur fond de justice sociale avec des scènes connues depuis des années. Le pire étant que la nouveauté et la fraicheur ne feront pas nécessairement de ce film une réussite - j’en réfère aux Batman Forever et Batman & Robin, où l’originalité (encore une fois, très 90’s) n’a pas vraiment réussi aux films.
