Des fois, j’ai envie de rigoler un bon coup devant l’état des lieux en la matière.
Mon caractère rétro (oui, je joue encore aux Final Fantasy I à VII ...) ainsi que la raison simple des paroles qui s’envolent alors que les écrits restent ont fait que, depuis mon indépendance financière, je n’ai jamais cessé d’acheter les disques qui me plaisent.
C’est particulièrement le cas des œuvres des artistes qui sortent de l’ordinaire, ou des disques qui ne sont pas juste faits d’une concaténation de pistes diverses. Lorsqu’une unité se dégage d’un disque, je trouve qu’acheter les "singles" est aussi absurde que d’acheter un chapitre isolé d’un livre.
Certaines autres fois, les MP3 sont plus intéressants que les disques audio. Par exemple, lorsque le support est difficile à obtenir - malheureusement trop souvent le cas - la seule manière d’obtenir la musique est de la télécharger.
Depuis quelques jours, et grâce à la proposition machiavélique de mon chef, la musique de Dr. Horrible’s Sing-Along Blog me trotte dans la tête; et là, c’est le drame.
- Si je veux regarder la série en ligne, il faut que j’habite aux Etats-Unis (les 48 Etats contigus, Alaska, Hawaï, ou the District of Columbia). Ou que je passe par un proxy aux Etats-Unis.
- Si je veux obtenir "régulièrement" le CD, il faut que je le commande aux Etats-Unis (Amazon.com). Cela me coûterait 13€20, dont 8€30 pour le disque et 4€90 pour la livraison.
- Si je veux télécharger les pistes (Amazon.fr), le disque entier me coûterait 8€99. Bien entendu, aucun support physique n’est livré, je dépense donc 8€99 pour un produit que je ne peux écouter que sur des plateformes "modernes". Non pas que ce soit gênant en pratique, mais ça fait quand même réfléchir.
- Si je veux télécharger les pistes (Amazon.com), le disque entier me coûterait 7$99. Soit, aujourd’hui, légèrement moins que 5€83
Je ne parle même pas de la fnac (et pour cause...) ou d’autres distributeurs. Le constat est là : sur un achat qui rapporterait certainement bien moins que 5 euros au réalisateur - qui, pour cette œuvre assez magique, a investi 200 000 $ de sa propre poche, la solution la moins chère pour moi consiste à éviter de passer par la France (ah, bien sur, vous aurez constaté qu’en rajoutant 20% de TVA à un hypothétique 5.83€, on arrive tout juste à 7€); la solution qui me convient le plus consiste à payer les 5 euros en question en frais de port pour obtenir finalement une galette que je suis capable de graver moi même, si je regarde à la dépense, pour le prix d’un CD vierge (35 centimes hors taxe sont alors versés aux auteurs Français via la SACEM. A moins bien sur d’acheter mes CDs sur Internet, une fois de plus).
Bref, si vous avez suivi le calcul (assez élémentaire cette fois ci), vous en déduirez, comme la commission Olivennes, qu’il y a un soucis au niveau de la vente légale dans ce pays. (Sans aller beaucoup plus loin, on peut lire juste les premiers titres : 1.1.1 LA FRANCE CONNAIT UNE SITUATION SPECIFIQUE; 1.2 PLUSIEURS OUTILS, TANT JURIDIQUES QUE TECHNIQUES, PEUVENT DEJA ETRE MIS EN OEUVRE POUR DESINCITER AU PIRATAGE NUMERIQUE; 3.1 LE CHOIX DE REPONSES PRAGMATIQUES ET PROPORTIONNEES). Si je ne suis pas d’accord avec les propositions des majors de l’industrie de la musique, je les incite cependant, comme ils pourraient le faire de manière pragmatique, à prendre sérieusement les "clients" en leur proposant des offres intéressantes plutôt qu’une répression totalement irréalisable.

