Hier se sont tenues deux élections importantes. En France - et en Europe - on élisait les députés Européens. Au Liban, le parlement Libanais.
Je ne chercherai pas ici à discuter des courants politiques, etc. Simplement du taux de participation (relativement) similaire dans les deux cas : 43% en France, 54% au Liban. Ce qui signifie qu’il y a environ une personne sur deux qui a donné son opinion dans les deux cas; une personne sur deux qui ne s’est pas déplacée.
Oui mais. En France, à moins d’avoir déménagé récemment, ou d’être expatrié, les bureaux de votes se situent à moins d’un quart d’heure des électeurs (pour ne fâcher personne, disons que 85% des électeurs (ce qui permet de comparer les taux de participation plus précisément) peuvent, en une demi heure, aller voter et rentrer regarder téléfoot s’ils le souhaitent). Au Liban, 3,2 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, pour un pays recensant environ 4 millions d’habitants! Autrement dit, pour aller voter, beaucoup d’électeurs prennent l’avion.
D’où ma consternation.
De deux choses l’une : ou bien on a réussi à convaincre 20 millions d’électeurs que leur destinée ne passait pas par la case Europe, ce qui nécessite une grande part de mauvaise foi, ainsi que d’agilité et de souplesse rhétorique, ou bien la population française se fiche royalement de ce qui lui arrive, et est dans ce cas plutôt gonflée de s’indigner de "dictatures" et "violations des droits de l’homme" dans diverses contrées étrangères, et de critiquer d’autres systèmes visiblement plus performants.
Comment le peuple Français peut-il donc revendiquer une responsabilité que son orgueil internationalement reconnu lui dicte, alors qu’il a lui-même renoncé à exercer son ’’pouvoir’’ politique, c’est à dire le droit de se gouverner lui-même?