Le blog du Barabel

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18 oct. 2009

Histoire de degrés

Parlons de degrés.

Il fait froid en Norvège. Pas juste au Nord du Nord de la Norvège, même dans les parties les plus méridionales.

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02 sept. 2009

Ronde des cardinaux

J’ai découvert aujourd’hui un planisphère "corrigé" de telle sorte à remettre l’Australie à juste position dans le monde : dominant le reste du monde.

Il est connu depuis longtemps que les Chinois (un peu) et les Australiens (beaucoup) avaient la tête en bas. Cette fois-ci, c’est justifié en image.

Ma première réaction - qui n’est jamais la bonne - fut de me dire que c’est ridicule de changer les conventions pour se retrouver à la bonne place. Cette réaction est (un peu) justifiée, notamment par le fait que le Nord était dessiné vers le haut d’une carte bien avant que l’on ne sache que la terre était ronde et qu’il y avait des terres conséquentes dans l’hémisphère austral. Centrer les cartes autour d’un pays est chose courante, et il relève du devoir de chacun de souligner que l’origine des temps se situe scientifiquement au niveau du Méridien de Greenwich, non pas dans la zone horaire CEST!

Cependant, il a quand même fallu aller plus loin pour comprendre l’origine de la convention représentant le Nord en haut. Dans une représentation où la Terre est plate, et où le Soleil est porté par un vaisseau volant qui fait un voyage quotidien, 4 directions sont privilégiées : les 4 points cardinaux : le Levant, le Couchant, le Zénith et ... la direction opposée au Zénith. Si on rajoute l’observation de la nuit, on trouve alors la direction "Polaire" qui est donnée par l’étoile polaire Alpha Ursae Minoris, autour de laquelle tourne la voute du ciel.[1]

En pratique, ce n’est pas tout à fait vrai, (on pourrait même dire que c’est presque tout le temps faux), puisque les directions cardinales (orthogonales) coïncident avec le Levant et le Couchant uniquement sur l’Equateur. Hors, nos conventions cartographiques ne viennent pas d’Afrique, ni d’Indonésie. La direction privilégiée du monde antique est donc la direction Nord-Sud, et le Nord se repère bien grâce à la Petite Ourse.

Au Sud, l’étoile polaire n’indique plus le Nord mais le Sud![2]. Se repérer face à cet astre donne alors comme point cardinal privilégié le Sud!

Notes

[1] Par une coïncidence il se trouve que le Nord Magnétique se confond presque avec le Nord géographique. Mais une fois de plus, le Sud magnétique se confond presque avec le Sud géographique..

[2] En pratique, on n’utilise pas l’étoile Sigma Octantis, trop peu visible, mais la Croix du Sud, qu’on retrouve d’ailleurs sur le drapeau australien.

02 juil. 2009

L'été sera chaud!

Le mot est sur toutes les lèvres: canicule. Outre le fait qu’il fait - c’est indéniable - chaud, et qu’on sait rarement parler de bien plus que de la pluie et du beau temps, prenons le temps de consulter notre source de mésinformation favorite, wikipedia.

Outre le fait que la canicule est définie par une période de forte chaleur, on constate de prime abord que les blancs du nord et les bruns du sud n’ont pas la même définition du méchant mot. On entend parler de température "intolérable", (ou "insupportable", ça veut dire la même chose, en fait, quand on ne parle pas de quelque chose qu’on peut choisir de tolérer ou non), de "records de chaleur", "etc".

Rectifions tout d’abord une idée fréquente. Les records de chaleur n’en sont pas, n’en déplaise aux journaux alarmistes. Oui, il y a un réchauffement climatique (c’est l’opinion d’une communauté scientifique assez probablement majoritaire), mais ce n’est pas entre le 30 juin et le 2 juillet qu’on le constate à Paris. Les records de chaleur montrent en fait que depuis le "début de l’année" il n’a pas fait aussi chaud qu’aujourd’hui. Ce midi encore j’entendais dire <<depuis un siècle on n’a pas eu aussi chaud au mois de juillet>>. Petite recherche pour constater que, si, on a déjà eu bien plus chaud au mois de juillet en France.

Bien sur, il y aura toujours des objections de type : oui, mais mon thermomètre, il affiche 35°! Outre le fait que les vieux, dans de nombreux pays, survivent à une température de 35°, soulignons quand même que la valeur scientifique de leur mesure est à peu près nulle. Ce n’est pas en montrant une température extrémale (dans une maison, en ville, sur une zone exposée au soleil et pas au vent, ni à la terre, etc. ) qu’on démontre un fait scientifique. Et les capteurs de Meteo France me paraissent bien plus fiables que ceux de Mme Michu.

Pour terminer cette diatribe, revenons auprès de notre ami wikipedia. La canicule est dénommée ainsi parce que la constellation du Chien se lève et se couche avec le soleil à ce moment là. Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, en est nommée responsable. Tiens, on constate à nouveau que les superstitions populaires ont la vie longue. Profitons d’une dernière lecture pour constater que les étés "caniculaires" se suivent fréquemment. Les météorologues associés à des astronomes pourraient peut-être expliquer ceci avec les bons modèles et la puissance de calcul suffisante; nos amis du comptoir, peut être un peu moins.

Sirius en Juillet Image obtenue à l’aide du logiciel Open Source Stellarium 0.10.2

24 juin 2009

Coûtumes tribales

A l’image de la pleine lune, le jour le plus long de l’année voit systématiquement apparaître de curieux comportements. Pas de loup-garous hurlant au crépuscule; par contre, comme pris d’une frénésie incontrôlable, les humains sortent et célèbrent, depuis des siècles, les éléments de la nature.

Dans l’hémisphère nord, ce jour tombe au mois de juin, le 21 en étant une bonne approximation - passons sur les années bissextiles. Certains pays en font la fête des pères, translatée au dimanche le plus proche, modulo les <<hasards>> du calendrier. Une manière d’exprimer la puissance masculine, la virilité, de la même manière qu’on attend les récoltes d’été? Ou simple pendant "naturel" à la fête des mères, qui annonce le printemps?

Les célébrations les plus connues sont celles des fêtes "traditionnelles" de la Saint-Jean, où les villageois dansaient autour de grands feus de joie. Le Saint-Jean en question est ici Jean le Baptiste, pas l’évangéliste. Avant lui, on faisait la fête en l’honneur du dieu Tammouz, dieu de la fertilité chez les babyloniens, ou du dieu du continent local.

Aujourd’hui, ni dieu ni maître, on célèbre alors une valeur sure, neutre, et presque aussi ancienne que ces célébrations : la Musique. Euterpe - et son côté obscur - précède donc les passants dans les rues, à travers mille célébrations dont la qualité brille par sa diversité. Et l’on retrouve, à la lumière du soleil couchant, puis des néons des bars, les même danses que mille ans plus tôt, que mille ans plus tôt, que mille ans plus tôt.

De quoi s’agit-il finalement? Bien peu de choses. La Terre est dotée d’un mouvement de révolution autour de son étoile, le Soleil - passons aussi sur le fait qu’il s’agisse d’une ellipse dont le soleil est un foyer - et en même temps d’un mouvement de rotation sur elle-même. La période de révolution est de un an, et la période de rotation de 1 jour. Or, les axes de ces deux rotations ne sont pas parallèles. L’écliptique (la trajectoire apparente du Soleil vue de la surface de la Terre) se déplace donc au cours de l’année, traversant diverses constellations (les signes du zodiaque). Le solstice est donc le jour où l’écliptique atteint son "sommet", c’est à dire l’angle le plus important par rapport à l’horizon.

Mais tout le monde sait qu’en France, tout fini par des chansons!