13 juin 2010
Voyage au pays de la Liberté
Par Zozoped le dimanche, juin 13 2010, 17:22 - Lien permanent
Welcome to the United States!
Ce message passe en boucle et en boucle sur les écrans faisant patienter les voyageurs à l’aéroport international de Dallas, Fort Worth. Des visages souriants, une musique digne d’un blockbuster Hollywoodien, une navette spatiale qui décolle. De quoi rêver!
Ce voyage aura été fort en émotions, ce qui prouve que, contrairement aux apparences, même le Barabel peut être stressé. Et le Barabel n’aime pas ça. Tout commence à l’aéroport Roissy - Charles de Gaulle, où un américain impeccablement habillé, dans un français sans faute et avec tout juste un léger accent, me demande si j’ai mon ESTA. Dans ma tête, j’élimine rapidement l’idée saugrenue d’une MST au nom exotique, en me disant que, quand même, on n’oserait pas me poser une telle question! Mais ceci ne résout pas le problème: qu’est-ce donc que l’ESTA? Lors de mon précédent voyage aux USA je m’étais pointé comme une fleur à l’aéroport CDG, puis à Atlanta, sans que personne me demande si j’étais vacciné. On m’avait donc fait remplir le joli formulaire vert qui disait que je ne venais pas aux USA dans le but de faire péter des bombes, voler des plans secrets, ou voler le travail d’un honnête travailleur américain. Et, bien sur, que je n’avais pas un plomb sauté, et jamais violé, ni kidnappé l’enfant d’une pauvre mère américaine. Revenons à la procédure d’accueil aux Esta-unis[1] Je n’ai pas d’ESTA. Je ne savais même pas que la bête existait. Et j’en ai besoin pour embarquer dans une heure (et de manière plus pragmatique, pour m’enregistrer dans la demi heure). Le monsieur au français exemplaire me signale donc que l’ESTA est obligatoire, mais que heureusement, je peux le faire en ligne. Si mon dossier plait au robot, la validation sera immédiate. Sinon, c’est plus gênant, parce que j’en aurait pour de quelques heures à de quelques jours.
Pas de problème, je suis un homme moderne. J’ai sur moi un ordinateur, un téléphone qui fait modem 3G, et une connexion filaire et/ou bluetooth entre les deux que j’utilise quotidiennement.
Deuxième hic : impossible de synchroniser téléphone et ordinateur. Grrmbf. Le monsieur revient dix minutes plus tard pour me demander si c’est bon - ben non, pas encore. Il m’indique le mcdo du coin, me disant qu’il y a une connexion wifi gratuite. Cool, mon ordinateur fait aussi wifi! je m’approche, me connecte sans accroc... et le proxy mcdo tombe! Ca commence à énerver tout ça.
Je sors mon deuxième joker : la connexion wifi payante. En essayant d’abord mes opérateurs de référence qui normalement me permettent de passer par le réseau de l’aéroport. Ni SFR (ligne filaire) ni Orange (ligne portable) ne marche. Et, au moment de payer par carte bleue quelques minutes de connexion, le réseau est saturé durablement!
Solution de la dernière chance: les bornes internet présentes un peu partout dans l’aéroport. Là aussi on rigole. Pas possible de payer par billet - même si la machine est prévue pour; on peut payer par carte, mais seulement en mettant le numéro de la carte dans la machine à la main, et il ne reconnait pas mon code de sécurité (hallucinant). La deuxième carte a un numéro de sécurité valide (selon la machine) mais le numéro est faux... Il y a bien une borne internet qui a l’air de marcher à côté, mais son utilisateur ne veut pas la céder pour les vingt prochaines minutes - or j’ai besoin quand même de m’enregistrer dans les dix minutes.
Troisième joker : l’appel à un ami. Un samedi matin vers 9h, bien sur!
Il ne me reste plus qu’à courir dans le terminal, la mort dans l’âme, jusqu’à trouver une dernière machine qui marche, supplier un voyageur de me faire de la monnaie sur les 5€ que j’ai en liquide, taper frénétiquement mon nom et mon numéro de passeport, dire que, non, je ne vais pas faire de félonie chez les ricains, prier, cliquer, voir qu’il faut tout relire, prier encore, cliquer, et, ouf, voir que je suis accepté pour le voyage!
Dernier enregistré, bagages déposés, procédure d’urgence pour les contrôles de sécurité, je peux enfin voyager sans accroc[2]. Et arriver enfin à Dallas.
Bref, il ne me reste plus qu’à faire des sourires aux officiers de l’immigration, et prendre ma correspondance qui part une heure cinquante minutes après l’arrivée ponctuelle de mon vol.
...
Bien entendu je l’ai ratée. Entre le contrôle aux frontières et l’arrivée des bagages - et le contrôle final des bagages, Sir you have to step in the line there is nothing I can do for you, American Airline m’a réenregistré sur le vol suivant.
Je suis enfin dans la Live Music Capital of the World, ouf!
