Le blog du Barabel

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09 fév. 2010

MP3, téléchargement illégal, et autres

Des fois, j’ai envie de rigoler un bon coup devant l’état des lieux en la matière.

Mon caractère rétro (oui, je joue encore aux Final Fantasy I à VII ...) ainsi que la raison simple des paroles qui s’envolent alors que les écrits restent ont fait que, depuis mon indépendance financière, je n’ai jamais cessé d’acheter les disques qui me plaisent.

C’est particulièrement le cas des œuvres des artistes qui sortent de l’ordinaire, ou des disques qui ne sont pas juste faits d’une concaténation de pistes diverses. Lorsqu’une unité se dégage d’un disque, je trouve qu’acheter les "singles" est aussi absurde que d’acheter un chapitre isolé d’un livre.

Certaines autres fois, les MP3 sont plus intéressants que les disques audio. Par exemple, lorsque le support est difficile à obtenir - malheureusement trop souvent le cas - la seule manière d’obtenir la musique est de la télécharger.

Depuis quelques jours, et grâce à la proposition machiavélique de mon chef, la musique de Dr. Horrible’s Sing-Along Blog me trotte dans la tête; et là, c’est le drame.

  • Si je veux regarder la série en ligne, il faut que j’habite aux Etats-Unis (les 48 Etats contigus, Alaska, Hawaï, ou the District of Columbia). Ou que je passe par un proxy aux Etats-Unis.
  • Si je veux obtenir "régulièrement" le CD, il faut que je le commande aux Etats-Unis (Amazon.com). Cela me coûterait 13€20, dont 8€30 pour le disque et 4€90 pour la livraison.
  • Si je veux télécharger les pistes (Amazon.fr), le disque entier me coûterait 8€99. Bien entendu, aucun support physique n’est livré, je dépense donc 8€99 pour un produit que je ne peux écouter que sur des plateformes "modernes". Non pas que ce soit gênant en pratique, mais ça fait quand même réfléchir.
  • Si je veux télécharger les pistes (Amazon.com), le disque entier me coûterait 7$99. Soit, aujourd’hui, légèrement moins que 5€83

Je ne parle même pas de la fnac (et pour cause...) ou d’autres distributeurs. Le constat est là : sur un achat qui rapporterait certainement bien moins que 5 euros au réalisateur - qui, pour cette œuvre assez magique, a investi 200 000 $ de sa propre poche, la solution la moins chère pour moi consiste à éviter de passer par la France (ah, bien sur, vous aurez constaté qu’en rajoutant 20% de TVA à un hypothétique 5.83€, on arrive tout juste à 7€); la solution qui me convient le plus consiste à payer les 5 euros en question en frais de port pour obtenir finalement une galette que je suis capable de graver moi même, si je regarde à la dépense, pour le prix d’un CD vierge (35 centimes hors taxe sont alors versés aux auteurs Français via la SACEM. A moins bien sur d’acheter mes CDs sur Internet, une fois de plus).

Bref, si vous avez suivi le calcul (assez élémentaire cette fois ci), vous en déduirez, comme la commission Olivennes, qu’il y a un soucis au niveau de la vente légale dans ce pays. (Sans aller beaucoup plus loin, on peut lire juste les premiers titres : 1.1.1 LA FRANCE CONNAIT UNE SITUATION SPECIFIQUE; 1.2 PLUSIEURS OUTILS, TANT JURIDIQUES QUE TECHNIQUES, PEUVENT DEJA ETRE MIS EN OEUVRE POUR DESINCITER AU PIRATAGE NUMERIQUE; 3.1 LE CHOIX DE REPONSES PRAGMATIQUES ET PROPORTIONNEES). Si je ne suis pas d’accord avec les propositions des majors de l’industrie de la musique, je les incite cependant, comme ils pourraient le faire de manière pragmatique, à prendre sérieusement les "clients" en leur proposant des offres intéressantes plutôt qu’une répression totalement irréalisable.

05 fév. 2010

Pi (Part. 1)

Petite digression sur un nombre. 
Attention, il va y avoir peu de plus que des maths.

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02 fév. 2010

Le Barabel recrute

J’ai du mal à rédiger ces derniers temps.

Tout d’abord, mon domaine de compétences est assez limité. Les articles "physiques" me demandent un travail considérable; les images que je cherche à mettre sont également coûteuses en temps, et le temps est la ressource qu’il me manque pour faire de ce blog un puits de sciences.

Aussi, je cherche des contributeurs pour m’aider à diversifier le contenu de ce que je présente.

Mon cahier de charges:

  • des personnes intéressantes, qui ont leurs propres réflexions sur des sujets très variés
  • les prises de position sont encouragées, mais je ne transformerai pas ce blog en tribune politique ou religieuse; si un article est trop tranché, il sera modéré;
  • le plagiat est une clause de licenciement ipso facto. En revanche, l’analyse de documents parue est encouragée.
  • je ne saurais vérifier toutes les informations publiées aussi je compte sur le sérieux de mes collaborateurs, et sur leur honnêteté.
  • l’anonymat des collaborateurs est possible - à un pseudo près. Le non-anonymat l’est également, mais le mien doit être maintenu.
  • et bien entendu, les conditions générales du site sont à respecter elle aussi.

Que cette liste ne vous paraisse par rébarbative, il s’agit au contraire d’une incitation à produire de la qualité! Je ne demanderai pas à mes collèges d’objectifs chiffrés; ils auront ma confiance, et pourront produire autant qu’il leur plaira.

Vous aurez aussi remarqué que l’interface très sommaire du site n’est pas très accueillante. Si quelqu’un se sent d’adapter un thème Dotcleår qui garde sa légèreté, je suis preneur.

Proposez vos candidatures! Par commentaire, ou mail (zozoped chez barabel.net)

Z.

18 janv. 2010

Tiens, ils n'utilisent pas Chrome, chez Google?

Le nom charmant d’Aurora fait du bruit en ce moment. Ne cherchez pas la poésie, il s’agirait d’une attaque montée par nos amis extrême-orientaux[1] sur un certain nombre de grosses boîtes informatiques, qui parait sérieusement invraisemblable quand on a tapé un petit peu au clavier.

L’objectif (mais qui faut-il croire?) aurait été de récupérer des mails de dissidents au régime populaire. Mon instinct et mon esprit critique me laissent dubitatif face à cette motivation pourrie - si on veut lire les mails de quelqu’un, il y a bien plus simple que d’attaquer virtuellement une vingtaine de compagnies américaines. D’autres diraient que c’est du code source de Google qui a été visé. J’ai également des raisons d’être prudent sur ce point. Bref. Les informations qu’on a sont suffisamment lapidaires et peu fournies pour qu’on puisse quand même les commenter.

J’ai moi-même la fierté d’annoncer que seulement 15% des visiteurs de mon blog utilisent Internet Explorer, alors que 56% des visites sont faites depuis un navigateur de la fondation Mozilla. Je sais qu’il n’y a pas lieu de l’être, puisque je ne suis pour rien - ou alors, pour peu - dans ces statistiques. Si tous les visiteurs travaillaient pour moi, je tâcherais de les encourager à utiliser un système non pas unique, mais du moins sécurisé et conforme aux différentes normes internationales en terme de logiciel internet. Internet Explorer n’en est pas un. Lors de sa création, Internet Explorer était absolument révolutionnaire en terme de gestion de plugins ("greffons"), de contenu, de communications avec le web. Le recul que nous avons aujourd’hui nous permet de dire que, si l’intégration de Flash et du Media Player dans le navigateur était une bonne chose pour l’utilisateur, la manière dont ceci a été fait était en fait catastrophique.

En effet, depuis la création d’IE, les patchs se multiplient pour répondre aux vulnérabilités, trous de sécurité ambiants, qui étaient découverts par des experts en sécurité - comprendre, des hackers[2], toute sensibilité confondue.

Bien sur, différentes versions d’IE sont sorties, toutes plus sécurisées les unes que les autres. Et Microsoft nous a promis que son cycle de programmation était maintenant certifié. Oui, mais, tout le monde sait maintenant que Microsoft fera tout pour être "backward compatible" (compatible de manière ascendante et descendante...), c’est à dire que ce qui marcherait sur IE 6 devrait également marcher sur IE 7,8 et 9, puisqu’on ne veut pas qu’une page web ne puisse pas être lue. Et plouf! ...

L’attaque a l’air assez rigolote. Accrochez vous, on nage dans du surréaliste. Les "méchants" se coordonnent pour envoyer des mails à des personnes judicieusement choisies, en se faisant passer pour une personne de confiance (attaque classique de personnification), et en envoyant un lien vers un site web - ou un document PDF? les sources divergent[3] - que le receveur se presse de cliquer. Le fait que le destinataire soit choisi rend l’attaque faisable, en envoyant un lien plausible. Et là, paf! le gentil utilisateur, qui utilise Internet Explorer 6, subit la vulnérabilité de plein fouet, et son ordinateur est alors à la disposition des méchants attaquants.

Là, ça devient rigolo. On apprend qu’avec un accès à un ordinateur situé chez Google, les méchants ont tout d’abord volé de la "propriété intellectuelle" - comprendre des documents stratégiques, ou du code source[4]. Après ça, comme ils avaient un peu de temps, ils ont essayé de lire les mails d’un gentil dissident chinois. Mais ils n’ont pas réussi, parce que les gentils de Google ont fait un système de protection super sécurisé. Ils ont juste pu voir la date de création du compte.

Après quoi, il est rentré chez lui manger les restes de dinde au marron de Noël.

Tout ceci est une jolie histoire, où les méchants gagnent, et où les corbeaux, honteux et confus, jurent bien trop tard qu’on ne les y prendrait plus.

Maintenant, j’aimerais savoir :

  • pourquoi est-ce que les personnes visées utilisent Windows ?
  • pourquoi est-ce que les personnes visées utilisent Internet Explorer ?
  • pourquoi est-ce que les personnes visées utilisent Internet Explorer 6 ?
  • pourquoi est-ce qu’une personne ayant accès au code source utiliserait un système
  • pourquoi avoir monté une attaque un jour de fin décembre, afin de taper pendant que les honnêtes gens digèrent leur buche au chocolat, tout en espérant que les destinataires recevraient le mail et cliqueraient sur le lien?
  • pourquoi est-ce que c’est difficile d’avoir accès aux mails d’un autre compte depuis les serveurs google, alors qu’il suffit de voler un cookie?
  • pourquoi est-ce que les méchants s’attaqueraient également à d’autres grandes boîtes plus calées (???) en sécurité comme Symantec?
  • et pourquoi est-ce qu’ils réussiraient de la même manière?

Si, vous aussi, vous avez le sentiment qu’on se fout ouvertement de vous, eh ben... bienvenue au club :-). Et privilégiez les logiciels open-source reconnus !

Références:

Notes

[1] Le conditionnel porte ici sur le fait qu’il s’agisse de pirates chinois. Une fois de plus, l’actualité arrange qui ça peut... mais des clients US faisaient également partie de l’attaque.

[2] Ce terme n’est pas du tout péjoratif, bien au contraire. Un hacker n’est pas un pirate, c’est une personne qui gère la programmation, voit les tours et les détours possibles pour arriver à une même tâche, et, en terme de sécurité, est capable de contourner les barrières mises par d’autres.

[3] Il est également connu qu’Adobe n’est pas exempté de vulnérabilités

[4] en fait, les documents stratégiques sont intéressant pour des concurrents, mais la vraie richesse de la boîte, c’est son code source

14 janv. 2010

Gastronomie Egyptienne

Je ne peux pas vous raconter tout ce qui est semblable et différent en Egypte.

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03 janv. 2010

Expliquer la sécurité informatique

C’est facile, la sécurité, c’est l’affaire de tous, mais globalement, on s’en fout.

Jusqu’au jour où on montre, en cinq minutes, que finalement, ça concerne la majorité des gens.

J’ai pour ma part démontré - sans aucun mérite, je l’admets - que le réseau familial résistait aux attaques, mais cinq minutes seulement. Grâce au magnifique logiciel d’audit aircrack-ng, on montre facilement que la sécurité WEP ne cache rien de la clé.

La technique est simple. A partir d’une distribution linux quelconque, avec une carte wifi compatible, on installe (ou on compile, si on y tient) la suite logicielle aircrack-ng. Celle-ci comprend :

  • Le logiciel airmon-ng qui active la gestion avancée de la carte réseau wifi. On peut ainsi, avec les bons pilotes, écouter tous les paquets, et injecter d’autres paquets.
  • Le logiciel airodump-ng qui permet de sauvegarder tous les paquets que la carte "entend";
  • Le logiciel aireplay-ng qui comporte toute une série de méthodes pour injecter des paquets bien choisis auprès d’une station wifi.
  • Le logiciel aircrack-ng, qui s’occupe de tous les calculs cryptographiques et cryptanalytiques nécessaires.

En gros, il faut penser à airodump comme étant l’oreille, et aireplay comme étant la voix de la carte wifi.

La protection du réseau "WEP" (Wired Equivalent Privacy, mais bien sur...) est basée sur l’algorithme de chiffrement "par flots" RC4. Chiffrement par flots, signifie qu’à partir de la clé (secrète) et d’une valeur d’initialisation, on génère un flux de bits pseudo-aléatoires; ceci permet de cacher toutes les données qui sont envoyées, par l’opération d’un "ou exclusif" aka un xor.

Il se trouve que RC4 est un algorithme percé. Depuis près de 10 ans, on connait un certain nombre de vulnérabilités qui font que la sortie de RC4 n’est pas distribuée de manière équiprobable. Toutes ces vulnérabilités sont incluses dans aircrack.

La subtilité finale consiste à générer le plus de données en un minimum de temps. Et c’est là que l’injection de paquets intervient. En créant de faux paquets de requêtes arp, on parvient à obtenir plein de nouvelles valeurs d’initialisation très rapidement.

Moralité, en cinq minutes, on est capables de craquer une clé wep de 64 bits. C’est à dire ce qu’il y avait au foyer familial, avant la démonstration...

27 déc. 2009

En Zerg, c'est officiel, Micro Jail Intense ne passe pas

Vous connaissez Starcraft? Bien sur que oui, tout le monde connait Starcraft, le géant des jeux de stratégie temps-réel qui tourne sur des milliers d’ordinateurs depuis près de douze ans...

Trois espèces se battent pour la domination du monde : Terran, colons humains partis il y a plusieurs siècles de la Terre pour explorer de nouveaux horizons; Zerg, insectoïdes-animaux sortis tout droit de Starship Trooper, mus par une volonté centralisée, et capables de se développer en masse; Protoss, extra-terrestres évolués qui ont maîtrisé un certain nombre de technologies et de pouvoirs psychiques. Le jeu est ainsi fait que les trois races se jouent de manière très différente et pourtant assez équilibrée.

Rajoutons à cette sommaire description les ressources disponibles dans le jeu : minerai et gaz. Le gaz se récolte sur des puits construits au dessus de champs; le plus souvent, on trouve des souches de minerai, et à proximité, une nappe de gaz. Bien entendu, le contrôle des réserves de ressources est essentiel pour la domination de la carte.

Les cartes se déclinent selon plusieurs dimensions, entre 64 et 256 de large comme de long.

Starcraft, en plus d’être un excellent jeu, a l’avantage d’être jouable sur à peu près n’importe quel ordinateur (disons sur 95%) en marche actuellement sur la planète. Toujours mis à jour (le patch version 1.16 est sorti en 2009...), il est possible aujourd’hui comme hier d’y jouer en mode multi-joueur. Le seul mode manquant est la connexion directe par IP, ce qui peut s’arranger en traficotant un peu les connexions réseaux.

Starcraft est livré avec un éditeur de cartes, qui permet de s’amuser un peu de manière différente. Une carte bien amusante se nomme "Micro Jail Intense". Minuscule carte, de 64 x 64, elle se joue à 8 (je vous laisse calculer la surface disponible pour chaque joueur). Chaque joueur commence dans une des huit cellules de la prison; un corridor relie toutes les cellules. Les ressources sont quasi-infinies (impossible d’y arriver à bout en un temps raisonnable).

Il existe une stratégie gagnante pour les Terran et pour les Protoss pour gagner à un contre sept (ordinateurs). Je n’ai pas encore - et ne trouverai probablement jamais - la stratégie gagnante Zerg...

En Terran : l’idée est de bloquer au plus vite l’accès à la cellule par des Supply Depot, c’est à dire les fermes nécessaires pour nourrir nos petits humains. En plaçant des unités défensives dans des bunker derrière ces Supply Depots, les ennemis chercheront désespérément à les détruire sans pouvoir attaquer au corps à corps. Le temps que les unités à distance soient suffisamment développées pour attaquer avec le reste, vous aurez constuit des tanks et autres vaisseaux qui empêcheront l’accès de près comme de loin à votre cellule. Le reste n’est plus qu’une question de temps... la plus grande difficulté étant l’espace restreint, ce qui empêche la construction de nombreux Supply Depots. La meilleure solution est de construire un ou deux Command Center qui s’envoleront, ne prenant pas de place, le temps de raser une cellule pour y construire des fermes à volonté.

En Protoss, c’est quand même plus délicat. Les défenses Protoss sont bien plus perméables, cependant une stratégie similaire sera payante. Il suffit de renouveler les Photon Cannon lorsqu’ils sont détruits, et d’en mettre le long de toute la ligne de défense, pour tenir très longtemps, le temps de construire les unités de son choix pour exploser les ennemis.

En Zerg... le bas blesse. Il est impossible de construire rapidement un bâtiment qui bloquerait l’accès à la cellule, étant donné qu’on ne peut construire que sur la Creep (la crêpe?). Pour l’instant, la meilleure stratégie que j’ai trouvée est de harceler les ennemis zergs en implantant chez eux une ou deux Sunken Colony, et de se blinder de sunken dans la cellule, sans oublier de construire le Hydralisk Den pour pouvoir rapidement faire des Lurkers. Mais même ainsi, les sept ennemis arrivent rapidement à bout...

Lecteur, si vous trouvez une stratégie gagnante, vous serez encensés!

Edit (au 3/1/2010) La meilleure stratégie en zerg a évolué; il s’agit maintenant d’être capable de construire des guardians au plus tôt! Donc dans l’ordre : plein de ressources, avec Swarming Pool; puis plein de défenses, le temps de faire un peu de gaz pour passer à la Hive rapidement. Quand on fait la troisième évolution de la Hatchery, on construit l’antre à volants; si on a tenu jusque là, on construit tout le temps des volants qu’on transforme; ils éliminent toutes les attaques. Cette stratégie reste la meilleure que j’aie trouvé, et elle marche de temps en temps!

24 déc. 2009

Joyeux Noël!

Cher lecteur, ne vous laissez pas méprendre par les précédents messages! la mauvaise humeur n’a pas sa place ces jours-ci, car c’est Noël! vous savez, la fête avec toutes les lumières dans la nuit, les gens qui marchent dans le froid pour chercher les cadeaux qui manquent encore, les étoiles qui brillent ces soir-là de manière encore plus brillante que d’habitude!

Bien sur, c’est une fête commerciale, avec le gros bonhomme rouge parasité un jour par Coca-Cola (on en voudra éternellement à l’esprit des Noëls présents!), les pubs pour le chocolat à outrance, une incitation démentielle à la consommation.

Mais, contrairement au solstice d’été, où les hommes sont pris d’une frénésie presque animale, à Noël - qui n’est bien entendu le 25 décembre que parce qu’on s’est trompé sur la date du solstice d’hiver - le monde entier regarde aussi et surtout vers son frère. Les équipes sociales patrouillent la ville pour proposer une présence aux sans-abris, les enfants qui bavent devant les vitrines illuminées pensent à ceux qui n’en ont pas, bref, la nuit et le froid unissent les hommes.

A Noël, la saison de l’hiver commence, c’est vrai. Mais pour ceux qui marchaient dans les ténèbres, apparaît une grande lumière. Et, Chrétiens ou non, c’est la période propice à la paix sur terre aux hommes de bonne volonté!

Très joyeux Noël à tous!

23 déc. 2009

Je hais les coiffeurs

Je trouvais cruel de la part d’une amie de comparer toute difficulté intellectuelle au niveau d’une étudiante en BTS Coiffure. La carrière n’est en effet pas la plus réputée, mais c’est un métier de contact, plutôt bien rémunéré, qui demande un certain niveau de technicité, et il faut reconnaître que les filles y sont souvent plutôt mignonnes.

Ma clémence s’est évanouie ce matin, lorsque j’ai fait l’erreur (bête) de confier ma tête à un de ces énergumènes. Il s’agit d’un acte de confiance, que dis-je, d’un acte de foi dont une des rares comparaisons possibles est la visite à un dentiste.

L’erreur s’est avérée être fatale à ma beauté naturelle. Lui demandant de se limiter à une taille saisonnière de deux centimètres , de manière à préserver ma coiffure habituelle, celui-ci acquiesce, sort son peigne, ses ciseau, et tranche dans le vif mon orgueilleuse chevelure, en demandant de manière ingénue : comme ça, ça va?

Comment dire.

Ca ira... Mais si la guilde des coiffeurs apprenait à ses membres à laisser aux clients les cheveux (relativement) longs, et surtout, le choix de la coiffure, peut être auraient-ils plus de visites!

21 déc. 2009

*µ%$$!§{&**:(

Début de l’importation des messages depuis le blog de survie zozoped.blogvie.com . Blogvie ne permettant pas l’exportation de messages, me voilà Grosjean comme devant...

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13 déc. 2009

Orient Envoutant

Ce fut un véritable drame de constater que la Terre était ronde. Le monde était dans le déni pendant des décennies entre le moment où Gallilei Gallileo affirmait qu"elle tourne!", et la constatation inéluctable de Fernand de Magellan, prouvant qu’en continuant vers l’ouest, on finit par revenir au point de départ.

Bien sur, si on se permet de ne pas aller exactement vers l’ouest, mais vers l’ouest et une petite composante de l’axe Nord-Sud, on peut faire une très longue trajectoire qui ne repassera pas par la même position avant d’être bloquée à un des pôles - et donc d’atteindre le "bout du monde" dans cette direction.

Mais c’est tricher, et de toute manière, le mal est fait.

En quoi est-ce gênant? Ca devrait, au contraire, être rassurant de savoir que la Pacifique-Ouest (qui est à l’est) et le Pacifique-Est (qui est à l’ouest) ne sont que les rives d’un unique océan. Mais, d’une manière analogue au principe de conservation de l’énergie, c’est en fait une catastrophe.

Les populations ont souvent migré vers l’Ouest - et beaucoup plus rarement vers l’Est. Il y a une raison à ça: l’Ouest est la direction de l’avant, marcher vers l’Ouest, c’est marcher vers son avenir. Ceux qui suivent le "Couchant" espèrent trouver une terre plus hospitalière, où même le soleil trouve plus agréable de se coucher. Et de manière absolument équivalente, c’est vers le Levant qu’on recherche ses origines. Il ne s’agit pas uniquement d’un travers que les hommes ont eu de par la géographie des continents et des océans. Preuve en est que les Elfes et les Hommes de la Terre du Milieu en firent de même.

Vous comprenez le problème : si, en cherchant à avancer, on finit toujours au même point, à quoi bon? Et si la recherche de ses origines ne se termine jamais, comment répondre aux seules questions essentielles : qui sommes-nous, d’où venons nous? ("où allons nous?" est une question plus large).

Je suis aujourd’hui en Orient, à New Delhi précisément. Bien entendu, on a beau s’y préparer, on ne réalise jamais la différence qu’une fois qu’on y arrive. Et la première différence que j’y constate, c’est le changement de parfum... Je reviendrai certainement avant la fin de mon voyage sur les différences que je peux trouver, aussi je vous laisse sur cette impression olfactive de soleil, de fruits exotiques, de nourriture épicée, de thé au lait bien sucré, d’encens, et surtout d’hommes, partout, que ceux qui ont déjà mis pied ici connaissent certainement.

Je vous laisse trouver tous les mauvais calembours que je me suis retenu de faire sur ce titre...

Contagion, vaccins, graphes et seuils

Allez, aujourd’hui encore je commente l’actualité. Cette fois-ci, je vais donner quelques notions mathématiques qui peuvent expliquer des phénomènes qu’on voit tous les jours.

J’ai bien rigolé en lisant dans les journaux la transition entre les centres de vaccinations déserts et la foire d’empoigne pour se faire vacciner. Ca s’est passé très vite : avant qu’on ne s’en rende compte, tout le monde s’est convaincu du fait qu’il fallait se faire vacciner, et se faire vacciner aujourd’hui.

Je ne parlerai pas ici de la validité du vaccin, des polémiques sur la campagne de communication, ni du syndrome de Guillain Barré. Je sais beaucoup de choses sur tout mais ai des compétences médicinales très limitées. Par contre, une chose est certaine : cet effet du "tout au rien" était tout à fait prévisible.

Certains peuvent prétendre que la "montée en puissance" était prévue, que tout le monde y passera, etc. Certainement. Mais on ne parle pas ici d’un phénomène transitoire doux, d’un afflux constant aux centres de vaccination. On n’est, au contraire, pas loin d’un effet de panique (il faut se faire vacciner - est-ce qu’on en aura assez - si j’attends mon tour je risque de mourir), assez proche de ce qu’on peut voir aux abords des trains les jours de grève.

J’illustre ceci dans les courbes suivantes. La première (gauche) montre quelle serait la situation idéale : les gens se présentent aux centres de vaccination en flux constant, remplissant exactement la capacité de traitement et de livraison de vaccins des centres. La seconde (droite) montre ce qui s’est réellement déroulé : une saturation brutale des moyens déployés.

ideal.pngpratique.png

Pour expliquer ceci, je vous propose la modélisation suivante. On va représenter l’ensemble de la population par un graphe. Pour être formel, un graphe est en ensemble fini $N$ - l’ensemble des nœuds - auquel on rajoute un ensemble $A$ inclus dans $N\times N$ - c’est à dire un ensemble de couples de nœuds. On dira que deux nœuds sont reliés si il existe une arête entre les deux. De manière informelle, un graphe, c’est un ensemble de points qui ne sont pas nécessairement reliés deux à deux. Chaque individu sera représenté par un nœud du graphe; lorsque deux personnes ont des interactions suffisantes, on dessine une arête entre leurs nœuds respectifs. Ce graphe est assez dense, en fait. On peut définir plein de propriétés rigolotes dessus. Exemple : la connexité. A partir d’un nœud donné, existe-t-il un chemin vers tous les du graphe? ’’(en fait, ça signifie que le graphe est étoilé; mais c’est équivalent dans notre cas) ’’ Si non, combien de composantes connexes peut-on extraire de ce graphe? Les habitants d’une île isolée du reste du monde feraient une composante connexe, s’il en restait. Les ermites forment eux aussi des îlots. On peut aussi se poser d’autres questions, comme "combien de personne dois-je corrompre pour atteindre une personne donnée?" - et poser ainsi la question du diamètre du graphe, c’est à dire le plus longs des plus courts chemins entre deux points donnés. Mais je m’éloigne du sujet initial.

Si on rajoute maintenant à notre graphe une propriété $P: N \rightarrow (\textrm{Vrai}, \textrm{Faux})$, on peut colorier tous les nœuds du graphe en utilisant $P$. Par exemple, $P$ peut être le sexe (disons, pour éviter toute polémique oisive et argument foireux, $P(i)$ est vrai si la personne dénotée par $i$ est née avec un chromosome Y dans une majorité de ses cellules). Je vais faire plus subtil, et indexer une propriété $P$ par une variable réelle $p$ (élément de 0,1). Par exemple, $P_p(i)$ peut être : la personne dénotée par $i$ accepterait de donner au moins une proportion $p$ de sa richesse pour résoudre le problème de la faim dans le monde. On voit que $P_0(i)$ couvre l’ensemble du graphe, alors que $P_1(i)$ ne contient qu’une proportion assez faible des nœuds.

L’étape supplémentaire est de rendre la propriété $P_p$ contaminante, avec un facteur de contamination qui dépend de $p$. Ce modèle couvre bien la diffusion d’épidémies. Deux nœuds reliés par une arête ont la probabilité $p$ de se transmettre un virus, et la propriété $P_p(i)$ peut alors être vraie si un jour, la personne dénotée par $i$ a été contaminée.

Ce que les mathématiques ont montré, c’est que dans ce modèle là, quelle que soit la propriété, quel que soit le graphe (connexe), partant d’une source (un nœud du graphe qui a la propriété à vrai), deux comportements existent:

  • Soit le nombre de nœuds vérifiant la propriété est très faible,
  • Soit le nombre de nœuds ne vérifiant pas la propriété est très faible.

(très faible s’entend en proportion)

Le comportement dépendra en fait essentiellement de la probabilité $p$, et du nombre moyen des voisins de nœuds du graphe. Cela se comprend bien : si (par exemple) un lien est contaminant avec une chance sur deux, et que chaque nœud est connecté à plus de deux éléments, chaque personne en contaminera assez probablement une autre. Ceci n’explique par contre pas l’effet de seuil. Pour ceux que ça intéresse, je propose les quelques éléments mathématiques suivants pour comprendre. L’événement $E$ qui nous intéresse est un booléen associé à chaque nœud, et qui répond à la question "Est-ce que ce nœud souhaite se faire vacciner?". Il est associé à la probabilité $p$, et nait uniquement de la contagion d’un nœud adjacent. L’événement $E$ est croissant, c’est à dire qu’un nœud contaminé a nécessairement un voisin qui l’a contaminé, à moins que ce nœud ne soit la source même. On note $N$ le nombre de nœuds contaminés; il apparait, par l’identité de Russo, que $\frac{dN}{dp}=\int_E(h_E(x)dx)$. Explicitons un peu cette formule en expliquant les différents termes.

$h_E(x)$ est, pour un nœud $x$ appartenant à l’ensemble (ou évènement, c’est la même chose) $E$, le nombre de manières de sortir de $E$. En pratique, sur un graphe, pour $x$ un nœud du graphe vérifiant la propriété $E$, $h_E(x)$ est le nombre de voisins de $x$ n’ayant pas la propriété $E$ (par exemple, le nombre de mes connaissances ne souhaitant pas se faire vacciner). L’écriture sous forme d’intégrale $\int_E(h_E(x)dx)$ est une manière un peu savante et pompeuse d’écrire que ce qui se passe à l’intérieur de l’événement $E$ (la variation du nombre de nœuds composant l’événement en fonction du paramètre $p$) ne dépend que de ce qui se passe "au bord" de l’événement. Normal, me direz vous, puisque la propriété est croissante [1], et donc, ce qui se passe "à l’intérieur" de la propriété ne change rien à sa mesure. Pour faire un analogue peut être plus simple d’accès, pensez à une baignoire[2] dont le volume d’eau dépend uniquement de ce qui se passe à sa frontière : l’arrivée d’eau du robinet, l’écoulement d’eau de l’évacuation, l’évaporation de l’eau à la surface. Si vous y tenez, on peut ajouter les fuites de la baignore. Par contre, je n’inclurai pas la variation de température de l’eau qui modifie instantanément son volume, tout simplement parce que le déséquilibre thermodynamique dészintègre la propriété de monotonie du volume de l’eau! Mais je m’égare.

Cette identité de Margulis Russo est particulièrement intéressante lorsqu’on est capable de borner de manière raisonnable et intéressante le nombre de points sensibles $h_E(x)$. Si celui-ci est toujours plus grand qu’une certaine valeur, dans ce cas, on a borné inférieurement la croissance de la propriété par quelque chose qui ne dépend plus que de la surface de celle-ci. Sur un ensemble réel, disons en trois dimensions, la surface est proportionnelle au rayon au carré, c’est à dire au volume à la puissance deux-tiers. Dire que la variation du volume est proportionnelle au volume à la puissance deux-tiers signifie (simple intégration d’une équation différentielle) que le volume croit de manière exponentielle en base deux-tiers, c’est à dire de manière exponentielle.

Le même phénomène se produit sur un ensemble fini. La croissance n’est pas exponentielle, puisque la nombre de nœuds affectés par la propriété est borné; par contre, la croissance se passe très rapidement, passé un certain seuil.

Ceci explique les courbes présentées plus tôt.

Avant de conclure cet article déjà trop long, j’aimerais signaler qu’une propriété comme "est infecté par le virus de la grippe" n’est pas monotone. En effet, on en guérit - aux dernières nouvelles. On ne peut donc pas dériver une telle identité, et l’intégrer, pour dégager le seuil de contagion de la maladie qui fera que tout le monde est malade. Ce n’est pas le cas d’autres maladies qu’on ne peut pas encore guérir - par exemple, la séropositivité. Pour ce dernier cas, la seule solution au problème, dans ce modèle, est de rompre la propriété connexe du graphe. Comprenne qui pourra. Pour revenir sur la grippe, on peut par contre travailler sur une propriété qui s’appellerait "a été infecté par le virus de la grippe depuis sa création". Cette courbe suivra inévitablement l’effet de seuil décrit plus haut, si la contagion est croissante - c’est à dire si l’effet du vaccin n’est pas suffisant. On peut par contre étudier une autre courbe qui a pour valeur $N_E(p+t)-N_E(p)$. Celle-ci décrit l’ensemble des personnes pouvant être touchées par le virus avec le temps. Elle atteindra indubitablement un maximum avant de retomher vers zéro. C’est cette courbe qui est étudiée par les spécialistes comme les scientifiques de l’OMS ou de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire). Enfin, j’espère.

Je trouve ça ironique de constater que l’effet d’affluence aux centres de vaccination aurait pu être prédit par un modèle bien plus simple que celui qui prédit le nombre de personnes infectées à un moment donné...

Les sources des figures obtenues par gnuplot sont disponibles en pièce jointe. La seconde courbe est en fait une courbe de seuil qui apparait naturellement dans l’intégration des équations présentées, avec une connectivité de 10 éléments par nœud dans le graphe.

Notes

[1] Je ne prétendrais pas le contraire, les mathématiques sont une sciences normales, qui décrivent des événements prévisibles - et certains événement chaotiques, mais dans ce cas, c’est le chaos qu’elles prévoient.

[2] toujours le problème des robinets...

04 déc. 2009

La Barbe!

Je profite du calendrier pour rédiger un billet en l’honneur de Sainte Barbe.

J’ai peu à vous apprendre sur la vie, l’histoire et les traditions de la Sainte. Née dans une famille païenne en Asie mineure - assez probablement à Héliopolis, au Liban, elle se convertit très jeune au Christianisme. Enfermée dans une tour d’un château, elle ajoute aux deux fenêtres de sa chambre une troisième, représentant ainsi la Trinité[1]. Elle fut ainsi "poursuivie" (dans tous les sens du terme... elle fut d’abord inquiétée, pris la fuite aidée d’amis, puis rattrapée, et mise devant un tribunal), jugée et condamnée. D’abord à être humiliée, fouettée, bref châtiée; et devant sa persistance, à la mort par décapitation.

Si l’histoire parait triste, elle ne l’est pas vraiment.

Barbara - son prénom le plus probable, venant des traditions grecque et orientale - était une très jeune fille, qui a beaucoup accompli dans sa courte jeunesse. Alors qu’on considère souvent que rien de bon ne peut sortir d’un jeune, elle gravit des hauteurs rarement atteintes, alors qu’elle avait tout juste 16 ans. Elle a fait preuve d’endurance, d’habileté, de courage, et surtout de foi, jusqu’à ce qu’on se souvienne d’elle 17 siècles plus tard.

Elle est la patronne de tous les sapeurs de manière générale - sapeurs pompiers, pour qui, chaque année, profitent de la journée pour une fête mémorable; mineurs, qui ont traditionnellement placé les mines sous sa protection; ingénieurs des mines, qui ont pour deuxième résidence les catacombes de Paris; artificiers et canonniers; architectes (la tour ne s’est pas écroulée), et, par extension, mathématiciens!

Si vous êtes concerné par cette liste pas tout à fait exhaustive, je vous incite à garder aujourd’hui en tête un souvenir joyeux; sinon, à considérer la jeune fille comme un exemple pour le moins intéressant.

Notes

[1] Certains prétendent qu’elle traça des croix - c’est probablement faux, étant donné que la croix est un symbole chrétien assez tardif.

03 déc. 2009

Chaque panne de plus est une panne de trop.

Une fois de plus, mon hébergeur n’a pas été à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre : pendant 48 heures, le serveur hébergeant ce blog était hors-service.

J’ai pu avoir quelques détails sur les problèmes qui ont causé cette panne. Un ordinateur, comme tout, consomme et dégage de l’énergie pour fonctionner. Ainsi, il est branché sur l’alimentation électrique, et il dissipe de la chaleur comme résidu de l’énergie utilisée - mais non rentabilisée. Pour être un peu plus précis, un ordinateur est (essentiellement) un assemblage de circuits intégrés, qui fonctionnent de manière assez simple : on fournit de l’électricité (en général, un pole chargé à +6V, et un pole à -6V), et à chacun des circuits, la valeur (+ ou -) en sortie dépend des valeurs en entrée. Si ça fonctionnait de manière idéale, les circuits feraient office d’aiguillage, qui redirigent la tension électrique positive ou négative vers la sortie comme il se doit. Malheureusement, il se trouve que pour fonctionner, les circuits passent leur temps à charger et décharger des cellules. Lors d’une charge, la cellule passe de -6V à +6V, ce qui crée donc un courant positif; lors d’une décharge, les électrons vont de la masse (-6V) à la cellule, ce qui crée un courant négatif. Hors, c’est inévitable, qui dit courant dit effet Joule. Cet effet se passe lorsqu’un courant traverse une résistance : une puissance est dégagée, égale à la tension multipliée par l’intensitée, et donc égale à $R I^2$, où $R$ est l’impédance de la résistance et I l’intensité du courant. Cette puissance se dégage en rayonnement lumineux (dans le cas des ampoules électriques) ou thermique (le plus souvent). L’énergie étant une grandeur extensive (c’est à dire qu’elle s’additionne sans difficulté, que la somme de deux apports énergétiques est un apport énergétique de valeur égale à la somme des deux énergies fournies), lorsque la moitié des cellules d’un processeur passent de la valeur 0 à la valeur 1 (ou réciproquement), c’est autant d’énergie qui est dissipée. Et cette chaleur doit aller quelque part. Elle réchauffe donc tout d’abord le circuit intégré, puis progressivement l’air autour. Le problème est que, comme tout métal, lorsque la température est trop élevée, le circuit fond. Au revoir, processeur!

C’est pour cette raison qu’on installer des éléments de refroidissement dans les ordinateurs; je peux parier que si votre ordinateur fait du bruit en ce moment, c’est que vous l’entendez. Le plus souvent, les éléments de refroidissement sont des radiateurs (je reviendrai sur le terme plus tard) combinés à des ventilateurs. On trouve parfois uniquement du refroidissement passif (radiateurs suffisamment importants pour diffuser toute la chaleur), et chez les nerds voulant overclocker leur processeur[1], du watercooling. Ou simplement parce que c’est la classe, que ça marche vachement bien, et qu’on peut y mettre des produits phosphorescents pour briller dans le noir.

L’élément de refroidissement le plus courant reste la combinaison d’un radiateur avec un ventilateur. Le radiateur se charge de transférer la chaleur accumulée sur le processeur sur toute une surface métallique, au contact avec de l’air. La raison est simple : c’est dans l’air qu’on souhaite faire passer toute l’énergie dangereuse pour le processeur, que celui-ci n’a pas pu utiliser autrement qu’en effet Joule. Ainsi, les radiateurs se chargent de radier la chaleur par convection thermique. La quantité de chaleur échangée est donnée par la loi de Newton (une de plus!) $\Delta Q = h S (T_1 - T_2)$.

La quantité de chaleur échangée est donc proportionnelle à la surface d’échange et à la différence de température entre le radiateur et l’air, via une constante[2] de proportionnalité. On comprend intuitivement la première importance du ventilateur : pour que la chaleur puisse s’échapper du radiateur, il est nécessaire que la température de l’air soit basse. Le ventilateur ne diminuera pas la température de l’air à proximité du radiateur, mais fournira un afflux d’air ambiant à l’intérieur du boîtier, ce qui diminue la température. La seconde importance, et qui est de taille, est de modifier les conditions de pression de l’air au voisinage du radiateur. Et le coefficient h croit fortement avec la pression de l’air! Le ventilateur crée donc un courant d’air, qui fournit une pression apparente supérieure à la pression atmosphérique au niveau du radiateur, qui accroit ainsi h. Et comme la mécanique est bien faite, une bonne partie de la chaleur qui est passée dans l’air est évacuée ailleurs, ne modifiant donc que légèrement la différence de température.[3]

Pour ceux qui ont eu la flemme de lire tout ce baratin : pas de ventilateur, beaucoup moins de refroidissement.

Le ventilateur de mon hébergeur était encombré de poussières, cheveux, et autres horreurs qui trainent toujours dans une salle quand ce n’est pas une chambre blanche. Il a donc pris le parti de le démonter, le nettoyer - entrainant une coupure de service qui ne devait pas durer plus de cinq minutes à minuit, c’est à dire avec un impact négligeable - et le remettre en place.

Il se trouve que dans l’opération, une des encoches permettant de fixer le ventilateur à la carte mère s’est cassée. Le contact entre le ventilateur et le processeur est devenu ridiculement faible. De plus, ce boulet - qui lit à l’occasion ce blog - n’a pas rajouté de pâte thermique[4] à l’interface du radiateur et du processeur.

Fort heureusement, les cartes mères modernes mesurent en permanence la température du processeur, et coupent tout le courant si celle-ci devient dangereuse. Il est souvent possible de désactiver cette sécurité dans le BIOS, mais... comment dire... si on n’est pas surs de ce qu’on fait, c’est tout simplement bête. Le serveur a donc redémarré, mais à peine les services élémentaires en marche, s’éteignait tout aussi brûtalement.

La faute est aussi celle de l’éditeur - votre serviteur - qui n’a pas pensé à faire un plan de continuité d’activité en cas de défaillance de l’hébergeur du blog. J’y pense maintenant, promis. Il ne reste plus qu’à le réaliser.

Toutes mes excuses donc pour cette avalanche d’erreurs de débutants; je veillerai à l’avenir à ne plus les refaire (honteux et confus...).

Pour me faire pardonner, une photo des éléments fautifs, avantageusement remplacés par un ventirad Artic. Pas une bête de course, mais toujours mieux que le ventirad Intel de base... et le confort auditif de mon hébergeur m’importe peu. VentiRad démonté

Notes

[1] c’est à dire le faire tourner à une fréquence supérieure à ce qui est prévu à l’origine; on peut ainsi gagner quelques pourcents en capacité de calcul, mais les dégagements de chaleur n’en sont que plus élevés

[2] qui n’est pas universelle, ni même constante, d’où l’italique...

[3] C’est avec un grand plaisir que j’aurais fournis les équations permettant de calculer, en fonction du débit d’air, la pression ressentie, et donc le coefficient de proportionnalité h; on arrive malheureusement aux limites de ma science, n’ayant jamais vraiment maîtrisé la mécanique des fluides. Mais je laisse mes lecteurs doctes compléter cette faille. Une bonne référence peut me suffire, d’ailleurs...

[4] pâte thermique : une matière pâteuse fortement métallisée qui permet un bon contact entre processeur et radiateur. Pensez-y comme à un joint très conducteur

23 nov. 2009

Souviens toi de qui tu es...

Je me résous à publier ce billet, incomplet, largement imparfait, et pratiquement impossible à parfaire. je trouve le résultat assez peu satisfaisant; il aborde des thématiques difficiles, sujettes à polémiques, qui ouvre la porte au politiquement incorrect - ce que j’encourage. Par ailleurs étant moi même modérément sur de moi sur l’éventail de sujets ouvert, je ne suis pas sur d’arriver à cibler l’intuition initiale. Bonne lecture.

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06 nov. 2009

Geo (trouve tout les) RSS

Petite innovation technologique, j’ai installé une petite nouveauté dans mon flux RSS. Celui-ci se conforme à présent au format "GeoRSS", qui rajoute simplement une coordonnée géographique associée au billet.

Pour l’instant le seul agrégateur que j’ai trouvé qui compile ces informations correctement est Google Maps (en proposant en recherche le flux, il indiquera sur la carte tous les lieux d’intérêt.

En tout cas, d’intérêt, dans ce billet, il y en a peu.

01 nov. 2009

Drôles de gens que ces gens là!

On trouve de tout à Paris. Sur la place, chacun passe, chacun vient, chacun va. Après l’épidémie de Grippe longtemps annoncée, nous avons eu le plaisir d’accueillir une nouvelle épidémie, autrement plus dangereuse : j’ai nommé les zombies.

D’origine virale, cette nouvelle maladie n’a pas de vaccin connu ... et les quelques équipes qui ont travaillé sur ce microbe se sont retrouvés dans la rue à leur tour.

Votre serviteur n’a pas pu se trouver sur les lieux de passage de la horde, mais un de ses reporters (merci M!) a réussi à obtenir quelques images, résultat de cette mutation. Nous recommandons sincèrement à tous nos lecteurs d’éviter le passage de ces monstres.

Quelques images de nos amis décédés et déambulants...

Z2.jpg

Z4.jpg Z3.jpg Zombies 1/4

27 oct. 2009

Une nouvelle campagne de pub

J’interromps mes billets en cours de rédaction pour faire suite à une nouvelle campagne d’Apple qui m’a donné un haut-le-coeur.

Vous aviez peut être déjà vu la campagne "Hi, I’m a Mac! And I’m a PC..." faisant intervenir un jeune gars cool, qui discute un peu avec un type qui ressemble à un geek déguisé en costume[1]. Tout le monde y aura reconnu Bill Gates. Certaines publicités étaient assez drôles, et une très grande partie est de mauvaise foi.

Cette fois-ci, on sent quand même la frustration monter chez Mac, face à l’arrivée d’un nouveau système d’exploitation Microsoft, qui serait[2] quand même mieux faite, moins désagréable, et suffisamment rapide pour fonctionner sur les netbooks (ces petits ordinateurs portables qui tournent sur des processeurs bas de gamme, sans carte d’accélération 3D, avec un écran minuscule, et qui permettent grâce à tous ces compromis d’avoir des autonomies exceptionnelles). La nouvelle campagne de pub Mac est alors uniquement ciblée sur "bon, Microsoft vous propose de passer à Windows 7, mais devenez cool, et achetez un Mac à la place!".

Je ne serai pas l’avocat de Microsoft. Je n’ai actuellement plus qu’une licence Windows en cours de fonctionnement, le reste de mes ordinateurs étant passé sous GNU/Linux. Et je m’insurge contre cette campagne de publicité pour un certain nombre de raisons:

  1. Tout d’abord, l’amalgame Windows/PC est très, très, très rapidement fait. Le principe de "un PC ça ne marche pas très bien" était peut être valable du temps de Windows 95 à Me (windows 98 millenium edition), mais depuis XP, est complètement dépassé. De plus, si, à une certaine époque (vers 1995...) les systèmes linux étaient faits pour les passionnés prêts à consacrer suffisamment de temps pour paramétrer leur ordinateur, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui, entre les ordinateurs vendus directement avec une distribution linux, les distributions très, très, très faciles à installer et à utiliser...
  2. Ensuite, une campagne de pub qui n’a pas d’argument à fournir à part "on est chouette, et les consommateurs nous aiment bien" n’est pas bien poussée. On sent quand même que les arguments (notamment techniques) d’Apple s’essoufflent, et que face à des arguments concurrentiels comme les prix et la diversité, ils n’ont plus grand chose d’autre à offrir que l’image de marque.
  3. Signalons aussi les incohérences. On avait vu en 2008 certaines pub vanter la possibilité d’installer windows sur une plate-forme Mac ("vous voyez, vous n’avez rien à perdre, vous pouvez même installer votre ancien système d’exploitation chez nous, et continuer à jouer à vos jeux que nos ordinateurs ne supportent pas!"). Puis, crier sur tous les toits que les ordinateurs Mac n’étaient pas sensibles aux virus. Sur le site web, ils sont quand même plus prudents : Yes, a Mac is 100 percent safe from viruses designed to attack PCs, la nuance est de taille! Et personne ne dit qu’un Mac équipé de Bootcamp pour lancer Windows au démarrage est tout aussi sensible que n’importe que PC Windows à la présence de virus... et qu’un virus peut attaquer le disque dur indépendamment du système d’exploitation exécuté!
  4. Enfin, une série de publicités où les vendeurs de PC sont des méchants manipulateurs voulant vous inciter à acheter des machines contre vous, me parait singulièrement... osé. J’aurais du mal à invoquer le second degré dans une série de pubs qui date depuis 2006, et qui ne sont pas prises au second degré par le public.

Bref, je suis assez remonté contre ces insanités qu’on peut voir sur Internet. C’était drôle, une ou deux fois. Certaines avancées étaient mises en avant. Aujourd’hui, je n’encouragerais personne à privilégier un Mac à un PC... à part pour faire partie de la secte internationale qui a été créée depuis.

Ah, et je ne mettrai aucun lien vers des sites commerciaux des entreprises en cause dans ce billet.

Notes

[1] vous savez, les lunettes, pas le genre à danser en soirée, pas forcément très bien dans sa peau...

[2] parait-il, j’avoue ne pas avoir joué plus de deux minutes avec la version beta

19 oct. 2009

Disciplus Simplex

Les plus attentifs d’entre vous l’auront deviné : j’ai au fond de moi une petite fibre scientifique. Les plus malveillants diront que pour exposer des calculs sur un site web qui n’est pas destiné à une classe d’étudiant, il faut être un vrai Nerd.

Je ne contredirai personne.

Dans un de ces moments de réflexion[1] et de lucidité[2] je me suis dit que personne ne vérifierait les calculs que j’ai fait précédemment; c’est bien dommage, car une validation par une quelconque entité me renverrait tout d’abord, une bonne image de moi-même, en plus de m’indiquer les points que je peux développer / améliorer dans le développement de la théorie. Et surtout, à force de ne parler que de ce qui n’intéresse personne, mon blog sera déserté.[3]

Cette constatation étant faite, je tombe sur une autre diatribe qui découvre que, en quelques quarante ans, le niveau technique du discours général et politique s’est effondré. A qui la responsabilité (outre la télévision dont la mission débilisatrice est remplie à merveille) ? A ceux qui ont les moyens de diffuser leur connaissance, sans en profiter.

Je veillerai donc, par la suite, à soigner un peu plus mes introductions, afin d’intéresser le lecteur qui ne verra pas tout de suite une jolie image pour capter son attention. Et peut être qu’ils liront le contenu de mes billets...

Notes

[1] vous savez, lorsqu’on se brosse les dents le matin, et qu’on s’interroge sur le sens de la vie de la personne qui se brosse les dents en vous faisant des grimaces

[2] je n’ai pas d’explication pour ce mot, vous pouvez consulter le dictionnaire en cas de doute

[3] Tout le monde sait que la grande majorité du trafic internet est dédié à des sujets pour adultes; le reste est là pour faire plaisir aux fondateurs du réseau...

18 oct. 2009

Histoire de degrés

Parlons de degrés.

Il fait froid en Norvège. Pas juste au Nord du Nord de la Norvège, même dans les parties les plus méridionales.

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