En ce temps là parut un édit de l’empereur

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordon­nant de recen­ser toute la terre -
ce pre­mier recen­se­ment eut lieu lorsque Qui­ri­nius était gou­ver­neur de Syrie. -
Et cha­cun allait se faire ins­crire dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Naza­reth en Gali­lée, pour mon­ter en Judée, à la ville de David appe­lée Beth­léem, car il était de la mai­son et de la des­cen­dance de David.
Il venait se faire ins­crire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.

En quatre lignes, l’évangéliste Luc aborde :

  • la ques­tion de la place de l’État dans la gou­ver­nance des peuples,
  • la main-mise de pou­voirs étran­gers au proche-Orient,
  • la ques­tion des racines et des déter­mi­nismes familiaux,
  • la struc­ture fami­liale comme noyau de la société,
  • le rôle et la ser­vi­tude d’une femme dans une société patriarcale.

Et en 2013, tous ces sujets ont, encore et encore, donné lieu à d’interminables débats politiques.

À un tel point qu’on en oublie­rait presque la pièce maî­tresse du texte, la bonne nou­velle annon­cée par l’ange :

vous trou­ve­rez un nouveau-né emmailloté et cou­ché dans une mangeoire

Je vous sou­haite à tous une joyeuse fête de la Nativité.

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Sainte Barbe, patronne des mineurs de bitcoin ?

J’ai beau­coup de rai­sons d’avoir une affec­tion par­ti­cu­lière pour Sainte Barbe. Patronne des mathé­ma­ti­ciens et des ingé­nieurs, ainsi que des maçons, des sapeurs et des mineurs, je suis sur qu’elle regarde d’un très bon oeil les Legos.

C’est elle qui veille sur les mineurs depuis long­temps, on peut donc pen­ser qu’elle s’est inté­res­sée aux bitcoins.

Les bit­coins, cette mon­naie élec­tro­nique qui fait tel­le­ment de bruit, fonc­tionnent comme les mon­naies d’antan : ils sont basés sur la rareté d’une res­source. Alors qu’on uti­li­sait les métaux (ou plus récem­ment, le pétrole) comme élé­ment de réfé­rence avant que les banques cen­trales ne contrôlent la valeur d’une mon­naie, le bit­coin uti­lise des pro­prié­tés mathé­ma­tiques pour défi­nir des élé­ments qui sont des bit­coins et d’autres qui n’en sont pas.

Un bit­coin est une suite de bits qui véri­fie la pro­priété sui­vante : il s’agit d’une signa­ture d’une pré­cé­dente tran­sac­tion entre deux comptes de bit­coin, qui a la par­ti­cu­la­rité d’être située dans un cer­tain inter­valle.
C’est un peu com­pli­qué, donc expli­ci­tons un peu. Conti­nue rea­ding

Latence et débit

J’ai quelques sou­cis avec ma connexion inter­net. Rien d’inhabituel, je sais. Mais autant pro­fi­ter de la frus­tra­tion qui vient avec pour faire le point sur une mesure de la connexion trop rare­ment prise en compte : la latence.

La pre­mière chose qu’on fait, géné­ra­le­ment, une fois connecté à un point d’accès, est de véri­fier la connexion. Je vous conseille d’ailleurs, pour vous assu­rer que tout est bien confi­guré, de visi­ter ce blog.

La deuxième véri­fi­ca­tion concerne le débit et la latence. Un bon site pour ça est www​.speed​test​.net : un clic suf­fit pour obte­nir direc­te­ment les mesures utiles, et véri­fier que votre FAI ne vous vend pas du bou­din. Conti­nue rea­ding

Taux et augmentation du chômage depuis 1996. Données INSEE.

Inver­ser la courbe

C’était le 9 sep­tembre 2012. S’invitant sur le pla­teau de TF1 pour par­ler aux Fran­çais, le Pré­sident de la Répu­blique annon­çait, fiè­re­ment, sa volonté d’ «Inver­ser la courbe du chô­mage d’ici un an». Le texte com­plet de l’entretien se trouve sur le site de l’Élysée, inutile de vous l’infliger en vidéo pour retrou­ver ce petit passage :

Donc tout sera engagé, décidé d’ici la fin de l’année. L’agenda que je pro­pose, c’est : tout est engagé, tout est décidé d’ici la fin de l’année pour que ce soit mis en œuvre dans l’année 2013 et que nous puis­sions avoir des résul­tats pour ce que j’appelle l’agenda du redres­se­ment en 2014. Je pense que nous devons inver­ser la courbe du chô­mage d’ici un an de façon à ce que nous ayons véri­ta­ble­ment des pro­grès dans le cadre de cet agenda 2014 que je pro­pose aux Français.

Cet objec­tif «d’inversion» a été répété, à l’occasion des voeux télé­vi­sés 2013, alors qu’il s’invitait pour par­ler à la télé­vi­sion une deuxième fois, et lors d’une confé­rence de presse au cou­rant du mois de mai.

Cette expres­sion n’a donc pas été uti­li­sée, une fois (acci­den­telle), ni deux, mais bien quatre fois à ce jour, par la plus haute repré­sen­ta­tion de la France. Voyons voir ce qu’elle signifie.

\ Conti­nue rea­ding

La fin de la démo­cra­tie, de la vie pri­vée, et de la civi­li­sa­tion, c’est maintenant.

Tout d’abord, res­tons calmes. Ce papier ne parle pas de la loi Tau­bira. Voilà, c’est dit, je sens que beau­coup d’entre sont déçus, mais ne par­tez pas tout de suite ! Si vous res­tez un peu, vous ver­rez qu’il est dit du mal de plein de monde, à com­men­cer par le gou­ver­ne­ment. Ça vaut tou­jours la peine, non ?

Ces der­niers jours, il y a eu sur Twit­ter une polé­mique de droite et une polé­mique de gauche. À droite, on s’est inquiété d’une annonce minis­té­rielle qui lais­sait pla­ner une cen­sure effec­tuée hors du champ de la jus­tice. À gauche, on s’est ému de l’arrivée de Big Bro­ther sous la forme redou­table de la Régie Auto­nome des Trans­ports Pari­siens qui, hor­reur, allait tout savoir de nos déplacements.

Donc, les lou­lous, vous êtes mignons à trol­ler comme ça, mais si on met­tait un peu de réel et de science au milieu de vos dis­cus­sions et argu­ments ? Il y a des menaces qui sont réelles, quant aux autres… Ma foi vous en pen­se­rez ce que vou­drez, mais après un mini­mum de réflexion, c’est vrai quoi, on n’est pas des bonobos.

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Pour une fis­ca­lité nor­male — Le prix du giga

Il y a neuf mois, le ministre de la culture don­nait à Pierre Les­cure la mis­sion de pré­pa­rer la suite de la HADOPI. La mis­sion avait pour objec­tif de «for­mu­ler des pro­po­si­tions de dis­po­si­tifs d’action publique per­met­tant de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment des oeuvres et des pra­tiques cultu­relles numé­riques et d’assurer l’accès de tous à celles-ci, de sou­te­nir la créa­tion et la diver­sité, de valo­ri­ser leurs retom­bées éco­no­miques pour le ter­ri­toire natio­nal, et de lut­ter contre la contre­fa­çon commerciale».

Pre­mière consta­ta­tion, la mis­sion parait à peu près aussi mal enga­gée autant par l’emphase lit­té­raire minis­té­rielle — digne des lignes les plus obs­cures d’une cir­cu­laire fis­cale — que par son but : ce que devait pondre M. Les­cure n’est pas tant une ana­lyse de la situa­tion que des «dis­po­si­tifs d’action publique», autre­ment dit, des règle­men­ta­tions. Car oui, concer­nant les poli­tiques cultu­relles, en France, on manque encore de règlementation.

Il ne fait nul doute que M. Les­cure, en tant que jour­na­liste et homme de spec­tacle, était pro­ba­ble­ment la per­sonne la plus qua­li­fiée pour rédi­ger ce rap­port. Je ne vais pas dis­cu­ter des qua­li­tés de l’homme, il est cer­tain qu’il lui en faut un grand nombre pour être nommé à des res­pon­sa­bi­li­tés si éle­vées. Je vais plu­tôt m’intéresser aux 80 pro­po­si­tions de son rap­port, dis­po­nible depuis une semaine, ou plu­tôt, à cer­taines de ces propositions.

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You win or you die — mais à quel jeu joue le gouvernement ?

All hail the King !

Gou­ver­ner, c’est pleu­voir. Et l’hiver arrive.

Une fois n’est pas cou­tume — bien que la cou­tume s’installe mal­gré moi — ce billet aurait presque une colo­ra­tion poli­tique si je ne le rete­nais pas. Et on peut dif­fi­ci­le­ment par­ler de poli­tique en France aujourd’hui sans abor­der, de près ou de loin, la loi Tau­bira. Pour ceux qui ont eu la chance de vivre sur une autre pla­nète ces der­niers mois, le pro­jet de loi Tau­bira, adopté le 23 avril à l’assemblée natio­nale, concerne l’ouverture du mariage — et par consé­quent, de l’adoption — aux couples de même sexe.

Ce pro­jet de loi a pha­go­cyté toutes les dis­cus­sions ces der­niers mois. La situa­tion exté­rieure ? Un conflit de plus dans une région de bar­bares san­gui­naires — j’ai même entendu qu’ils ne res­pec­taient pas la loi sur le port de signes reli­gieux osten­sibles — dont par­ler n’ajouterait pas grand chose. La situa­tion éco­no­mique ? Un cadeau empoi­sonné du gou­ver­ne­ment pré­cé­dent, qu’on réta­blira d’ici 2017, pro­mis. La délin­quance ? On en par­lera plus tard, lorsque les forces de la police pour­ront être déployées ailleurs qu’autour de l’Élysée et l’Assemblée Natio­nale.

Donc, oui, depuis des mois, on ne parle plus en France que du Mariage pour Tous™.

Ce qui, ceci dit, ne serait pas un pro­blème, si ça ne posait pas de problèmes.

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Pas­sons main­te­nant à WordPress

J’ai quitté Dot­clear. Ça y est, j’ai cra­qué. J’avais choisi cette plate-forme il y a long­temps, et c’était déjà un choix tech­nique inha­bi­tuel, mais qui était rigolo.

Dot­clear, qu’est-ce, et pour­quoi changer ?

Dot­clear, c’est une pla­te­forme créée par une com­mu­nauté essen­tiel­le­ment fran­co­phone, qui est simple et effi­cace pour tenir un blog. Du très clas­sique : du PHP, et une base de don­nées (MySQL, SQLite, Post­GreSQL), avec une ges­tion de plu­gins écrits en php. Quand on a un pro­blème, on peut en par­ler sur le forum de la plate-forme, la com­mu­nauté aide acti­ve­ment à le fixer. Soit par des ins­truc­tions, soit par une modi­fi­ca­tion du code de la plate-forme.

Tout le monde peut créer un thème ou un plu­gin pour dot­clear. Ceci dit, il y a, aujourd’hui, en tout et pour tout, 264 plu­gins. C’est fina­le­ment assez peu; ceux qui existent fonc­tionnent plu­tôt bien, il faut le recon­naitre, mais ça reste cent fois moins que le nombre de plu­gins de WordPress.

Je me suis amusé à faire mon propre plu­gin. Il pre­nait en entrée des don­nées et uti­li­sait gnu­plot pour inclure direc­te­ment les gra­phiques qui allaient bien. Mais j’ai du le faire, uni­que­ment parce que ce plu­gin n’existait pas sur dot­clear alors qu’il était pré­sent sur Word­Press. C’est, quelque part, une perte de temps.

L’interface de Dot­clear est quelque peu antique, peu modu­lable, qui vise l’efficacité mais qui com­mence à faire un peu vieillot. Ça ne me dérange pas en soi, mais de voir, après ça, l’interface de Word­Press, rap­pelle qu’on a changé de décen­nie il y a main­te­nant deux ans, un retard que Dot­clear n’a jamais rattrapé.

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Struc­ture cris­tal­line, den­sité et décompte de manifestants

Un des grands sports natio­naux en France, c’est la mani­fes­ta­tion; elle contri­bue de la vie cultu­relle et sociale et fait le bon­heur des ven­deurs de mer­guez et des baraques à frites.

Elle se passe géné­ra­le­ment en trois temps.
  • D’abord, l’appel à mani­fes­ter, où force tracts sont dis­tri­bués pour «sen­si­bi­li­ser» le badaud aux ques­tions déli­cates, et pour­quoi pas l’inviter à rejoindre la marche. C’est aussi l’occasion pour le badaud d’afficher un inté­rêt poli, une indif­fé­rence pari­sienne, voire une hos­ti­lité vio­lente envers le béné­vole — qui devrait savoir à quoi il s’engage,
  • la mani­fes­ta­tion pro­pre­ment dite, où les gens sont ache­mi­nés, cana­li­sés, équi­pés, gal­va­ni­sés, arri­vés, puis repartent,
  • et enfin la bataille pour les chiffres, le plus impor­tant des trois temps. Ce que l’histoire retien­dra, ce sera la four­chette annon­cée par le pou­voir en place d’une part et par les orga­ni­sa­teurs de l’autre.
Je m’intéresse aujourd’hui au comp­tage, pour essayer de prendre un peu de hau­teur sur la réa­lité des chiffres, his­toire de s’éloigner du res­senti sub­jec­tif, et voir dans quelle mesure on peut mettre un nombre qui soit réaliste. 
Je m’appuie sur l’exemple d’une mani­fes­ta­tion dérou­lée il y a main­te­nant 2 mois, en espé­rant que le fait de poser quelques cal­culs tran­quille­ment ne me vau­dra pas les insultes géné­ra­li­sées de ceux qui pensent que je sers autre chose que la Science. Aujourd’hui, on peut espé­rer que les esprits se soient cal­més, non ?

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Contributions anonymes, éparses et diverses d'un informaticien