Jéru­sa­lem, l’autre dis­pa­ri­tion des Arméniens

Croix Arménienne, Jérusalem
Croix Armé­nienne, Jérusalem

La «Grande Guerre» est depuis 100 ans com­mé­mo­rée. Et avec elle, le mas­sacre, la dépor­ta­tion, et l’oubli des Armé­niens, pla­ni­fiés et réa­li­sés par le régime des Jeunes-Turcs, met­tant un terme à une pré­sence armé­nienne en Ana­to­lie,  pré­sence jusque là plu­sieurs fois millénaire.

Tout ça est bien connu. La suite des évè­ne­ments, c’est l’exode, mas­sif, des sur­vi­vants. Exode vers tous les pays accueillants de la région. La Syrie était bien sur le point de départ, c’est là que les dépor­tés étaient envoyés. Et de là, l’Iraq, le Liban, le bateau vers l’occident, la Jor­da­nie et la Palestine.

Les Armé­niens ont tou­jours vécu à Jéru­sa­lem. Avant même le début de notre ère, ils y étaient pré­sents et y menaient des acti­vi­tés de com­merce et d’artisanat. Avec le temps et la conver­sion des Armé­niens au chris­tia­nisme, la com­mu­nauté s’est éta­blie de manière plus cer­taine et plus orga­ni­sée dans la ville de Jéru­sa­lem, tant et si bien que l’Église Apos­to­lique Armé­nienne fait aujourd’hui par­tie des trois églises gar­diennes du tom­beau du Christ, aux côtés de l’Église Catho­lique Romaine et de l’Église Ortho­doxe Grecque.

La pré­sence armé­nienne à Jéru­sa­lem et en Terre Sainte n’a cessé de croitre avec le temps, attei­gnant jusqu’à 20 000 per­sonnes au len­de­main du géno­cide. Jusqu’à 1967, où, au len­de­main de la conquête de la ville sainte par l’armée israé­lienne, les Armé­niens se retrou­vèrent dans la même situa­tion d’occupation que leurs voi­sins grecs-orthodoxes, catho­liques romains, ou sun­nites : ils sont Pales­ti­niens.

Et c’est ainsi que, en dépit du dis­cours sou­vent tenu et entendu pré­sen­tant les chré­tiens de Terre Sainte comme «mino­rité pro­té­gée», leur pré­sence en fait n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment sou­hai­tée, ni encou­ra­gée, et quand un Armé­nien de Pales­tine émigre, son retour à Jéru­sa­lem est dif­fi­cile. Si un Armé­nien se marie et veut démé­na­ger, s’il veut construire une mai­son, l’obtention d’un per­mis de construire lui sera dif­fi­cile. Le quar­tier armé­nien de la vieille ville, peu­plé en 1967 de 1600 Armé­niens, se trans­forme alors peu à peu en musée, pour n’avoir plus aujourd’hui que 500 habi­tants armé­niens, reli­gieux pour la plupart.

Et c’est ainsi qu’en 50 ans, Jéru­sa­lem devint une des der­nières villes au monde à voir sa popu­la­tion armé­nienne dis­pa­raitre et deve­nir aujourd’hui mena­cée de disparition.

Alors redi­sons ici ce qui pour­tant tombe sous le sens. La popu­la­tion chré­tienne du Proche-Orient peut avoir un rôle de liant entre une com­mu­nauté musul­mane, vivant depuis des décen­nies humi­lia­tion sur humi­lia­tion, désem­pa­rée devant une oppres­sion illé­gi­time, et une popu­la­tion juive, qui garde en mémoire ses bles­sures béantes, qui a décidé de ne confier son des­tin qu’à elle seule, et a migré du monde entier pour s’installer dans ce pays dans ce but. Les com­mu­nau­tés chré­tiennes qui peuplent la Terre Sainte peuvent aider au dia­logue, et veulent œuvrer pour la paix.

Les chas­ser serait une grande erreur, et une perte pour le patri­moine de Jéru­sa­lem et de tout l’Orient.

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Construire la paix

Aujourd’hui est fêtée la sainte patronne des archi­tectes, cette jeune fille qui per­çait des fenêtres dans les murs pour faire hon­neur à l’Esprit de paix, contre le gré de sa famille, sans espé­rer plaire à ses proches.

Une fois qu’un mur est construit, il est plus dif­fi­cile d’y mettre une fenêtre, sans qu’il ne s’écroule. On aime bien bâtir de bons gros blocs bien solides, qui résis­te­ront aux intem­pé­ries, aux acci­dents, à ceux qui veulent pas­ser en force.

On appelle ça la sécu­rité, à tort. Ce n’est pas la sécu­rité, c’est l’isolement.

La sécu­rité, c’est de pou­voir mar­cher dans la rue sans avoir à craindre l’inconnu. C’est pou­voir lais­ser son télé­phone sur la table parce qu’on n’a pas peur de se le faire piquer.  La sécu­rité, c’est construire son envi­ron­ne­ment pour y être bien.

C’est ce que vous pro­pose le jeu Pea­ce­Ma­ker : de réus­sir à per­cer une fenêtre dans le mur qui sépare aujourd’hui Jéru­sa­lem et Beth­léem. Pour cela, vous pren­drez le rôle soit du pré­sident de l’Autorité Pales­ti­nienne, soit le pre­mier ministre d’Israel. Et à vous d’éviter que le conflit ne dégé­nère à nouveau.

C’est très facile de perdre. Pour gagner, vous n’aurez pas le choix : il vous fau­dra dépas­ser votre ins­tinct guer­rier, cher­cher l’humanité de l’autre, et avoir suf­fi­sam­ment de gran­deur pour dépas­ser toutes les crasses que vous fera le camp adverse, jusqu’à réus­sir à l’élever à votre niveau.

C’est réa­li­sable. Ça demande du tra­vail, certes. Mais c’est ça, être arti­san de paix.

En jachère.

ChateauJachère : Terre non culti­vée tem­po­rai­re­ment pour per­mettre la recons­ti­tu­tion de la fer­ti­lité du sol.

 

 

L’éloignement a par­fois du bon, et je pense qu’il est temps que je prenne un peu l’air.
Depuis plus de cinq ans que j’ai pris pied dans cet inter­net, je ne me suis jamais senti aussi sec, dans une inca­pa­cité com­plète à com­mu­ni­quer de manière sereine ou constructive.

L’actualité très locale et inter­na­tio­nale n’aide pas. Je ne m’étendrai pas trop sur la ques­tion, mais de voir que :

  • des per­sonnes que tu estimes sont capables de sor­tir les pires rhé­to­riques usées et abu­sées sans rougir,
  • de grands ministres de la cha­rité peuvent renon­cer à des consi­dé­ra­tions d’humanité et choi­sir plu­tôt de grands prin­cipes sur la base de pets de nonnes,
  • il m’a été impos­sible de trou­ver la force et le temps de rédi­ger un billet depuis de longs mois,
  • je ne peux pas avan­cer cor­rec­te­ment par ailleurs selon bien d’autres critères…

 

Voilà qui me donne suf­fi­sam­ment d’éléments pour déduire qu’il est temps pour moi de prendre de longues vacances.

J’étudierai à nou­veau le concept de com­mu­ni­ca­tion avec des humains une autre fois.

En ce temps là parut un édit de l’empereur

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordon­nant de recen­ser toute la terre -
ce pre­mier recen­se­ment eut lieu lorsque Qui­ri­nius était gou­ver­neur de Syrie. -
Et cha­cun allait se faire ins­crire dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Naza­reth en Gali­lée, pour mon­ter en Judée, à la ville de David appe­lée Beth­léem, car il était de la mai­son et de la des­cen­dance de David.
Il venait se faire ins­crire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.

En quatre lignes, l’évangéliste Luc aborde :

  • la ques­tion de la place de l’État dans la gou­ver­nance des peuples,
  • la main-mise de pou­voirs étran­gers au proche-Orient,
  • la ques­tion des racines et des déter­mi­nismes familiaux,
  • la struc­ture fami­liale comme noyau de la société,
  • le rôle et la ser­vi­tude d’une femme dans une société patriarcale.

Et en 2013, tous ces sujets ont, encore et encore, donné lieu à d’interminables débats politiques.

À un tel point qu’on en oublie­rait presque la pièce maî­tresse du texte, la bonne nou­velle annon­cée par l’ange :

vous trou­ve­rez un nouveau-né emmailloté et cou­ché dans une mangeoire

Je vous sou­haite à tous une joyeuse fête de la Nativité.

Sainte Barbe, patronne des mineurs de bitcoin ?

J’ai beau­coup de rai­sons d’avoir une affec­tion par­ti­cu­lière pour Sainte Barbe. Patronne des mathé­ma­ti­ciens et des ingé­nieurs, ainsi que des maçons, des sapeurs et des mineurs, je suis sur qu’elle regarde d’un très bon oeil les Legos.

C’est elle qui veille sur les mineurs depuis long­temps, on peut donc pen­ser qu’elle s’est inté­res­sée aux bitcoins.

Les bit­coins, cette mon­naie élec­tro­nique qui fait tel­le­ment de bruit, fonc­tionnent comme les mon­naies d’antan : ils sont basés sur la rareté d’une res­source. Alors qu’on uti­li­sait les métaux (ou plus récem­ment, le pétrole) comme élé­ment de réfé­rence avant que les banques cen­trales ne contrôlent la valeur d’une mon­naie, le bit­coin uti­lise des pro­prié­tés mathé­ma­tiques pour défi­nir des élé­ments qui sont des bit­coins et d’autres qui n’en sont pas.

Un bit­coin est une suite de bits qui véri­fie la pro­priété sui­vante : il s’agit d’une signa­ture d’une pré­cé­dente tran­sac­tion entre deux comptes de bit­coin, qui a la par­ti­cu­la­rité d’être située dans un cer­tain inter­valle.
C’est un peu com­pli­qué, donc expli­ci­tons un peu. Conti­nue rea­ding Sainte Barbe, patronne des mineurs de bit­coin ?

Latence et débit

J’ai quelques sou­cis avec ma connexion inter­net. Rien d’inhabituel, je sais. Mais autant pro­fi­ter de la frus­tra­tion qui vient avec pour faire le point sur une mesure de la connexion trop rare­ment prise en compte : la latence.

La pre­mière chose qu’on fait, géné­ra­le­ment, une fois connecté à un point d’accès, est de véri­fier la connexion. Je vous conseille d’ailleurs, pour vous assu­rer que tout est bien confi­guré, de visi­ter ce blog.

La deuxième véri­fi­ca­tion concerne le débit et la latence. Un bon site pour ça est www​.speed​test​.net : un clic suf­fit pour obte­nir direc­te­ment les mesures utiles, et véri­fier que votre FAI ne vous vend pas du bou­din. Conti­nue rea­ding Latence et débit

Inver­ser la courbe

C’était le 9 sep­tembre 2012. S’invitant sur le pla­teau de TF1 pour par­ler aux Fran­çais, le Pré­sident de la Répu­blique annon­çait, fiè­re­ment, sa volonté d’ «Inver­ser la courbe du chô­mage d’ici un an». Le texte com­plet de l’entretien se trouve sur le site de l’Élysée, inutile de vous l’infliger en vidéo pour retrou­ver ce petit passage :

Donc tout sera engagé, décidé d’ici la fin de l’année. L’agenda que je pro­pose, c’est : tout est engagé, tout est décidé d’ici la fin de l’année pour que ce soit mis en œuvre dans l’année 2013 et que nous puis­sions avoir des résul­tats pour ce que j’appelle l’agenda du redres­se­ment en 2014. Je pense que nous devons inver­ser la courbe du chô­mage d’ici un an de façon à ce que nous ayons véri­ta­ble­ment des pro­grès dans le cadre de cet agenda 2014 que je pro­pose aux Français.

Cet objec­tif «d’inversion» a été répété, à l’occasion des voeux télé­vi­sés 2013, alors qu’il s’invitait pour par­ler à la télé­vi­sion une deuxième fois, et lors d’une confé­rence de presse au cou­rant du mois de mai.

Cette expres­sion n’a donc pas été uti­li­sée, une fois (acci­den­telle), ni deux, mais bien quatre fois à ce jour, par la plus haute repré­sen­ta­tion de la France. Voyons voir ce qu’elle signifie.

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La fin de la démo­cra­tie, de la vie pri­vée, et de la civi­li­sa­tion, c’est maintenant.

Tout d’abord, res­tons calmes. Ce papier ne parle pas de la loi Tau­bira. Voilà, c’est dit, je sens que beau­coup d’entre sont déçus, mais ne par­tez pas tout de suite ! Si vous res­tez un peu, vous ver­rez qu’il est dit du mal de plein de monde, à com­men­cer par le gou­ver­ne­ment. Ça vaut tou­jours la peine, non ?

Ces der­niers jours, il y a eu sur Twit­ter une polé­mique de droite et une polé­mique de gauche. À droite, on s’est inquiété d’une annonce minis­té­rielle qui lais­sait pla­ner une cen­sure effec­tuée hors du champ de la jus­tice. À gauche, on s’est ému de l’arrivée de Big Bro­ther sous la forme redou­table de la Régie Auto­nome des Trans­ports Pari­siens qui, hor­reur, allait tout savoir de nos déplacements.

Donc, les lou­lous, vous êtes mignons à trol­ler comme ça, mais si on met­tait un peu de réel et de science au milieu de vos dis­cus­sions et argu­ments ? Il y a des menaces qui sont réelles, quant aux autres… Ma foi vous en pen­se­rez ce que vou­drez, mais après un mini­mum de réflexion, c’est vrai quoi, on n’est pas des bonobos.

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Pour une fis­ca­lité nor­male — Le prix du giga

Il y a neuf mois, le ministre de la culture don­nait à Pierre Les­cure la mis­sion de pré­pa­rer la suite de la HADOPI. La mis­sion avait pour objec­tif de «for­mu­ler des pro­po­si­tions de dis­po­si­tifs d’action publique per­met­tant de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment des oeuvres et des pra­tiques cultu­relles numé­riques et d’assurer l’accès de tous à celles-ci, de sou­te­nir la créa­tion et la diver­sité, de valo­ri­ser leurs retom­bées éco­no­miques pour le ter­ri­toire natio­nal, et de lut­ter contre la contre­fa­çon commerciale».

Pre­mière consta­ta­tion, la mis­sion parait à peu près aussi mal enga­gée autant par l’emphase lit­té­raire minis­té­rielle — digne des lignes les plus obs­cures d’une cir­cu­laire fis­cale — que par son but : ce que devait pondre M. Les­cure n’est pas tant une ana­lyse de la situa­tion que des «dis­po­si­tifs d’action publique», autre­ment dit, des règle­men­ta­tions. Car oui, concer­nant les poli­tiques cultu­relles, en France, on manque encore de règlementation.

Il ne fait nul doute que M. Les­cure, en tant que jour­na­liste et homme de spec­tacle, était pro­ba­ble­ment la per­sonne la plus qua­li­fiée pour rédi­ger ce rap­port. Je ne vais pas dis­cu­ter des qua­li­tés de l’homme, il est cer­tain qu’il lui en faut un grand nombre pour être nommé à des res­pon­sa­bi­li­tés si éle­vées. Je vais plu­tôt m’intéresser aux 80 pro­po­si­tions de son rap­port, dis­po­nible depuis une semaine, ou plu­tôt, à cer­taines de ces propositions.

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Contributions anonymes, éparses et diverses d'un informaticien