Il y a neuf mois, le ministre de la culture donnait à Pierre Lescure la mission de préparer la suite de la HADOPI. La mission avait pour objectif de “formuler des propositions de dispositifs d’action publique permettant de favoriser le développement des oeuvres et des pratiques culturelles numériques et d’assurer l’accès de tous à celles-ci, de soutenir la création et la diversité, de valoriser leurs retombées économiques pour le territoire national, et de lutter contre la contrefaçon commerciale”.
Première constatation, la mission parait à peu près aussi mal engagée autant par l’emphase littéraire ministérielle – digne des lignes les plus obscures d’une circulaire fiscale – que par son but : ce que devait pondre M. Lescure n’est pas tant une analyse de la situation que des “dispositifs d’action publique”, autrement dit, des règlementations. Car oui, concernant les politiques culturelles, en France, on manque encore de règlementation.
Il ne fait nul doute que M. Lescure, en tant que journaliste et homme de spectacle, était probablement la personne la plus qualifiée pour rédiger ce rapport. Je ne vais pas discuter des qualités de l’homme, il est certain qu’il lui en faut un grand nombre pour être nommé à des responsabilités si élevées. Je vais plutôt m’intéresser aux 80 propositions de son rapport, disponible depuis une semaine, ou plutôt, à certaines de ces propositions.


